EDITO HERVE REBILLON

Pourquoi tant de haines envers les routiers

Alors que, dans de nombreux pays, le routier est vénéré tout comme le secteur, en France, le conducteur de poids lourd est détesté. Les agressions verbales mais surtout physiques de ces derniers jours ont dépassé l’entendement.

Mes nombreux voyages professionnels m’ont permis de découvrir le monde à travers le pare-brise d’un camion. Et, à chaque reportage, j’ai pu constater l’attachement qu’accordaient les populations des pays visités aux routiers. En Amérique du Sud, le camionero est vénéré. On lui consacre même des cérémonies durant lesquelles les professionnels de la route sont décorés. Dans plusieurs régions brésiliennes ou argentines, des prêtres bénissent des camions durant tout un week-end. En France, nous sommes à l’extrême, le routier est haï. On ne bénit pas les camions, on leur crache dessus !

Dans les actions des gilets jaunes, les poids lourds ont été utilisés comme objets pour les barrages. Et par là-même, les conducteurs ont été pris en otages. Ne parlons pas de leurs conditions de vie. Ni douches, ni nourritures, pour certains pendant deux à trois jours. Un routier qui m’a contacté via twitter m’a raconté son calvaire. Artisan routier, il a été immobilisé pendant quatre jours à un rond-point d’une zone commerciale. Ne pouvant pas quitter son seul outil de travail – son camion – personne n’est venu lui apporter le moindre repas. C’est un de ses fils qui a du le ravitailler, son fils distant de 600 kilomètres. Les gilets jaunes qui étaient bien contents d’avoir son bahut pour bloquer le rond-point l’ont totalement ignoré.

Le plus grave est arrivé à Bar-le-Duc où un routier a été sauvagement agressé avec au final une fracture à la mâchoire. L’agresseur, un jeune homme de vingt ans, a été interpellé et sera jugé prochainement. Le routier s’est vu prescrire 45 jours d’ITT.

Ces agressions sauvages doivent cesser.

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