Économie

Le coût de revient km d’un camion italien le plus élevé de l’UE

Se classant à la 6è place des pavillons européens, le transport routier de marchandises italien est stable, selon la récente étude réalisée par le Comité National Routier (CNR). Le coût de revient kilométrique d’un poids lourd italien, hors coûts de structure, demeure l’un des plus élevés en Europe.

Le CNR rappelle la position géographique de l’Italie, voisine des pays de l’Est comme la Slovénie, la Croatie, la Hongrie ou encore la Roumanie. Ces derniers n’arrangent guère la situation économique des transporteurs italiens du fait d’une concurrence accrue et proche. « Des efforts sont entrepris au niveau réglementaire » note le CNR qui constate de plus en plus de transporteurs qui se délocalisent ou se tournent vers la sous-traitance étrangère.

Comme le relève l’étude du CNR, le TRM italien maintient son rang au sein des pavillons européens malgré une baisse continue de son activité, -5,7 % entre 2008 et 2016, tant sur l’activité nationale qu’internationale. La baisse est plus prononcée à l’international avec une diminution de près de 10 % (89 % de l’activité TRM du pavillon réalisée en national.).

L’Italie ne cabote peu. Elle est plus de 3 fois plus cabotée qu’elle ne cabote. Les principaux pays cabotés par l’Italie sont l’Allemagne et la France, respectivement 33 % et 60 % de l’activité de cabotage du pavillon italien en 2016. Depuis 2013, la France prend la tête des pays les plus cabotés par le TRM italien.

Autre fait nouveau : les transporteurs italiens ont de plus en plus recours à des conducteurs étrangers provenant de leurs filiales basées dans les pays de l’Est de l’Europe. Parfois, les non-italiens sont aussi embauchés directement par la maison-mère en Italie après une « période d’essai » effectuée dans la filiale étrangère. Le CNR a pu observer lors des enquêtes des écarts de rémunération de près de 20 % entre des conducteurs de nationalité italienne et des conducteurs étrangers travaillant tous sous contrat italien.

L’étude a relevé par ailleurs des changements d’orientation stratégique chez les grandes entreprises italiennes de TRM. « Elles entament en effet une modification de leur modèle économique. Celles-ci deviennent de plus en plus des commissionnaires ou organisateurs de transport plutôt que des transporteurs. Ces entreprises se concentrent également sur des activités plus lucratives comme la logistique et les marchés de niche tels que le luxe ou le transport aérien. »

Le kilométrage annuel par véhicule, comme relevé lors de l’étude 2014 (valeurs 2013), est plus important en Italie qu’en France et continue de progresser. Le nombre de jours d’exploitation tend également à augmenter en 2017. Le prix des véhicules a augmenté depuis la dernière étude du CNR. En 2013, le coût annuel de financement et de détention d’un véhicule était de 13 858 €/an contre 15 525 €/an en 2017, soit une hausse de 2,9 %/an sur 4 ans. En comparaison avec le pavillon français, ce poste de coût reste à des niveaux similaires.

Le coût du conducteur a fortement progressé depuis l’étude du CNR de 2014. En 4 ans, il a augmenté de + 1,75 % par an, passant de 50 487 € en 2013 à 55 055 € en 2018. Ceci s’explique notamment par l’augmentation croissante du salaire minimum conventionnel. Pour tenter de répondre à la concurrence des pays de l’Est de l’Europe, la convention collective CCNL a introduit une légère flexibilité via de possibles aménagements d’horaires prenant en compte les besoins de l’employeur. Ce dernier peut imposer une modification des heures de travail à raison de 4 semaines par an. Ces changements donnent lieu à des indemnités dites « d’inconfort » rémunérées 50 € par semaine concernée.

Le coût d’un conducteur italien est 16 % supérieur à celui d’un conducteur français, mais sa productivité est meilleure : 17 % supérieure en termes de kilométrage et 17 % supérieure en termes d’heures de conduite. Au bilan, le coût de l’heure de conduite en Italie est évalué à 98 % du coût français, un écart qui se réduit.

Télécharger dans son intégralité l’étude CNR sur l’Italie

Source : CNR

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