EDITO HERVE REBILLON

Le TRM, grand oublié du grand débat

Sa petite escapade à Quiberon vendredi dernier est passée quasi inaperçue et, pourtant, il a été question (brièvement) de camions. Elisabeth Borne, la ministre des transports, s’est invitée vendredi soir dernier au Grand débat organisé par son maire et les îles voisines. Aucun transporteur n’y était convié alors que c’est avant tout une région de transport. Le TRM semble être le grand oublié.

On a parlé, voitures, vélo et bateau mais peu du transport de marchandises alors que l’acheminement du fret est crucial pour ces communes isolées. Un habitant a même évoqué le train. « Ce sont des trains thermiques qui tirent des trains de marchandises » a-t-il regretté face à la ministre qui n’a apporté aucune réponse.

Et le constat est toujours le même. A chaque réunion du Grand débat, le transport routier n’est jamais évoqué. Et pour son unique intervention, la ministre des … transports a effleuré le sujet avançant même qu’il y avait encore trop de poids lourds sur les routes. Mais au fait : sa place n’est-elle pas aussi devant les professionnels ? Elisabeth Borne l’oublie, elle est la ministre de tutelle des entreprises de transport.

Certes, la ministre reçoit bien les fédérations du TRM mais les transporteurs veulent eux aussi directement échanger. Fragilisés par les actions multipliées des Gilets jaunes, ils ont eux aussi leurs revendications parfois éloignées de celles de grandes instances parisiennes. Ils se sentent bien seuls.

La ministre ne doit pas oublier que la Loi d’Orientation des Mobilités ne contient déjà rien sur le transport routier de marchandises alors que le fret fait partie de la mobilité économique du pays. Il était bien question d’en parler mais c’était pour taxer les entreprises de transport (avec le projet pour l’heure avorté-reporté de la vignette poids lourd).

Les fédérations du transport routier souhaitaient un ministère de tutelle, des transports. Ces dernières années, des secrétaires d’Etat avaient été nommés sans grand succès. Cette fois, le ministère des transports existe bel et bien mais ne semble pas écouter, encore moins soutenir, le secteur. Et ce n’est pas en déclarant à plusieurs reprises qu’il y a trop de camions sur les routes que la ministre portera la profession.

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