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Les 4 axes du plan de relance du fret ferroviaire

Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, a réuni aujourd’hui à Paris l’ensemble des acteurs concernés par la préparation du plan de relance du fret ferroviaire, dans le prolongement de l’annonce faite par le Premier ministre le 16 avril dernier. Seules les organisations syndicales ne sont pas venues. Des entreprises ferroviaires, représentants des acteurs et clients du fret, organisations professionnelles, représentants des associations d’élus et de collectivités, parlementaires, associations environnementales, autorité de régulation, étaient présents.

“Le nouveau pacte ferroviaire en cours de discussion au Parlement va redonner des perspectives au fret, que ce soit par l’effort sans précédent réalisé en matière d’investissements sur le réseau ou par la volonté de rendre la SNCF plus efficace et compétitive” précise un communiqué du ministère qui annonce que le plan de relance sera présen en mai par le gouvernement.

Ces travaux sont également issus des réflexions du groupe de travail Fret+, qui réunit depuis cet automne différents acteurs du fret et de la logistique en parallèle des Assises nationales de la mobilité, et de la concertation menée par le Ministère des Transports dans le cadre de l’élaboration du nouveau pacte ferroviaire. Une réunion dédiée avait ainsi déjà été organisée le 10 avril dernier.

Elisabeth Borne est revenue sur les conséquences de la grève SNCF : “la situation est particulièrement préoccupante dans certains secteurs dont l’activité économique est fortement impactée, comme la sidérurgie, l’agroalimentaire, ou les matériaux. Le trafic est fortement diminué les jours de grève et les trains annulés ne peuvent pas être reportés sur les jours sans grève.”

Lors de cette réunion, la ministre a présenté les quatre axes de travail du gouvernement pour la préparation du plan de relance du fret ferroviaire :

1- Passer à une infrastructure fiable et à haute capacité

Le développement du fret repose d’abord sur la qualité des infrastructures. C’est pourquoi l’effort sans précédent d’investissement dans la modernisation du réseau, à hauteur de 10M€ par jour pendant dix ans, tout comme la trajectoire d’investissements qui sera retenue par le gouvernement suite aux propositions du Conseil d’orientation des infrastructures, bénéficieront directement à l’activité fret. Des investissements spécifiquement dédiés au fret ont également été identifiés.

La qualité des infrastructures passe aussi par un soutien public à la remise en état des lignes capillaires, vitales pour le développement du fret et l’activité dans les territoires, mais dont le modèle économique fragile ne permet pas d’enrayer la dégradation. Cela passe enfin par le développement de services de ferroutage et d’autoroutes ferroviaires, en liaison avec les voisins européens concernés.

2- Rendre l’accès au réseau fret plus compétitif

Alors que les entreprises ferroviaires ne peuvent pas supporter des hausses continues de péages qui sont aujourd’hui de +6,9 % par an (contrat Etat-SNCF Réseau 2017-2026), le gouvernement souhaite remettre à plat cette trajectoire des péages fret pour la rendre soutenable, tout en maintenant des objectifs ambitieux en matière d’amélioration de la qualité de service.

Un meilleur accès au réseau passe également par la garantie de sillons adaptés aux besoins, afin que le trafic fret ne soit pas cantonné aux capacités résiduelles de circulation.

3- Renforcer la multimodalité : une ambition et une visibilité pour le transport combiné

Le transport combiné rail-route est aujourd’hui un levier essentiel pour le dynamisme du fret ferroviaire dans sa concurrence face à la route. L’objectif est donc pour le gouvernement de réduire le surcoût lié au transbordement des marchandises afin d’encourager ce mode multimodal. C’est pourquoi le principe d’un soutien public au transport combiné sera maintenu par le gouvernement. Il convient désormais d’en finaliser les modalités, en donnant le maximum de visibilité aux acteurs.

4- Mettre l’innovation et le digital au service de l’amélioration du fret

Le gouvernement souhaite encourager les nombreuses innovations technologiques qui doivent permettre de soutenir le développement du fret ferroviaire : géolocalisation, suivi des marchandises, amélioration de la sécurité, optimisation de la maintenance, nouveaux services pour les clients, etc.

 

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