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Négociations ALENA : les transporteurs canadiens inquiets

Alors que les négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain au Mexique avancent péniblement, les transporteurs canadiens se disent inquiets. Chaque année, près de 2,5 millions de camions traversent la frontière qui sépare les deux pays. Plus de la moitié du commerce de marchandises entre le Canada et les Etats-Unis se fait par poids lourds.

Le corridor Détroit-Windsor qui représente le plus important lien commercial entre les deux pays, avec 25 % des échanges commerciaux, est au cœur des négociations de l’ALENA. La valeur des marchandises échangées atteint annuellement plus de 125 milliards de dollars. Le président Trump menace de remettre en cause les accords de l’ALENA. Les discussions interrompues vendredi doivent reprendre mercredi.

Et les transporteurs et de l’industrie du camionnage préviennent : « plus des trois quarts des exportations canadiennes se dirigent vers les Etats-Unis et pour la majorité par route. » Le pont Ambassador, entre Détroit et Windsor, relie les économies américaine et canadienne. Jusqu’à 10 000 camions par jour empruntent ce passage frontalier.

Les transporteurs craignent en effet que « les entreprises de transport qui seront impactées par les changements que souhaitent apporter les américains au secteur automobile et à l’industrie laitière seront contraintes, très certainement, de se diversifier leurs activités. Et elles pourraient être amenées à acheminer les marchandises que se partagent déjà des centaines d’entreprises canadiennes. »

L’industrie du camionnage canadienne redoute aussi les répercussions de l’imposition des tarifs douaniers. « Le retrait des États-Unis de l’ALENA fera que dorénavant les pièces canadiennes, par exemple, qui entreront aux États-Unis, seront soumises à des tarifs douaniers chaque fois qu’elles passeront la frontière, poursuit-il. Et on a vu que certaines pièces peuvent passer la frontière bien des fois avant d’être mises dans un produit fini comme une voiture » fait savoir un économiste canadien.

Et de nombreuses petites entreprises canadiennes de pièces automobiles pensent déjà à s’installer aux Etats-Unis pour éviter de payer les droits de douane. Une telle initiative supprimerait des allers et retours en camion et donc du travail pour les transporteurs canadiens.

Par Daniel Lacroix (Montréal)

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