Tribunes

Pénurie de conducteurs : coup de gueule d’un routier

Par Jean-Louis Delarue, surnommé Double mètre. Il fut conducteur routier pendant 50 ans dont 16 sur les routes du Moyen-Orient.

Tout le monde se plaint sur la pénurie des conducteurs « routiers ». Les employeurs qui sont pourtant les vrais fautifs de l’état de fait. Ils ont accepté les obligations des clients qui veulent que les camions soient de plus en plus précis quant aux livraisons. Et les employeurs ont abondé dans leurs volontés.

Les femmes et les hommes qui sont aux volants n’ont plus le droit à l’erreur, tout est calculé à leurs places, les temps de conduite, sont calculés par des dispatcheurs qui n’ont qu’une carte sous les yeux pour faire en sorte de livrer le sacro-saint client qui lui gère le camion comme étant son stock. Mais où est le conducteur ?, il est au volant, il est tendu pour livrer dans les temps sa marchandise.

Hier au soir, j’ai eu au téléphone un copain, un vrai conducteur de l’ancien temps, il venait de reprendre le travail après un mois de congé. Sa réflexion a été de me dire « je m’emmerde ». Il n’avait en réalité plus envie de rouler dans ces conditions.

Il existe plusieurs dispositions qui arrangeraient et verraient ce métier redevenir un métier, qui en fait sur le papier n’a jamais existé réellement.

Tout d’abord reconnaitre cette profession, et doter les conductrices, conducteurs d’un vrai statut professionnel en dotant le personnel roulant d’un permis de conduire professionnel, en détachant le permis de conduire classique de celui de conductrices-conducteurs. J’ai par le passé défendu un conducteur qui était sorti en boite de nuit un samedi soir et qui c’était fait contrôler à la sortie de la soirée avec une alcoolémie de 0,73 gramme, résultat 6 mois d’interdiction de conduite. Donc un conducteur ce jour n’a pas le droit à l’erreur pendant toute sa vie de conducteur. Et se voit pénalisé de six mois de non possibilité de travail, du fait d’une noce ou d’un verre de trop bu le samedi, et perd son emploi le lundi matin.

En rompant avec certaines obligations qui ne servent qu’à faire du fric et qui n’apprennent rien aux conducteurs, il faudrait pour cela que les instructeurs soient un peu plus investis par leurs discours de mises à niveau. Réviser aussi les temps de conduite en les transformant en kilomètres roulés. Exemple : en lieu et place des 3 fois neuf heures et deux fois 10 heures, et de ce fait imposés un parcours kilométrique par jours. Et en plus, arrêter de fermer les yeux sur certaines pratiques patronales qui sont souvent de minorer les heures réelles de travail.

Mais aussi de faire de cette profession, un métier propre en excluant automatiquement certains conducteurs qui ont des comportements contraires aux lois en vigueur dans les pays de l’espace européen. Et de ce fait, harmoniser les lois des différents pays qui composent « l’Europe »

 

 

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