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19 janvier : les syndicats brandissent à demi-mots la menace de blocage

Les transports risquent bel et bien d’être fortement perturbés jeudi prochain, 19 janvier, en signe de protestation contre la réforme de la retraite. L’ensemble des syndicats du secteur ont appelé à un mouvement national de grande ampleur. Alors que les transports en commun (SNCF, RATP) seront probablement impactés, l’incertitude règne pour le transport routier. Les syndicats ont fait part aussi de leur détermination à s’opposer à la réforme mais n’ont pas lancé des actions de blocage.

A la SNCF, l’intersyndicale composée de la CGT, l’Unsa, SUD et la CFDT se disent « prêtes à lancer la bataille nécessaire» et ont appellé «à une grève puissante» dans le rail le 19 janvier. A la RATP, les syndicats CGT, FO, Unsa et CFE-CGC ont fait savoir qu’ils étaient «prêts» à s’y opposer au projet de réforme qui décalerait de deux ans l’âge légal de la retraite, y compris pour les salariés au statut RATP qui peuvent partir en retraite anticipée. La modification de la durée de cotisation les concernerait également, dénonce l’intersyndicale.

FO-Transports et logistique, qui rassemble aussi bien les routiers que les ambulanciers, conducteurs de car ou transporteurs de fonds, souhaite aller «au bout du possible dans ce combat». La fédération souhaite lancer un mouvement «en illimité» à partir du 19 janvier pour préparer «la riposte massive et dure». Mais le syndicat ne parle pas de blocage du pays avec des camions.

« La participation risque d’être importante » prédit de son côté Pascal Flipeaux de la CFDT Transports qui n’appelle pas à des blocages routiers mais à des « manifestations classiques ». Fabrice Michaud, de la branche transport de la CGT, évoque une mobilisation qui pourrait atteindre les mêmes “niveaux” que ceux atteints en 2019, lors de la précédente réforme des retraites.

En clair, pour l’instant, le mot d’ordre n’est pas à des blocages des routes. « En revanche, pour la suite, la piste est à l’étude », a précisé la CGT. Pour l’heure, nous n’avons aucune connaissance de préavis de grève déposé dans des entreprises et groupes de transport en France.

Le CFA au cœur des préoccupations

Les syndicats s’inquiètent, à juste titre, de l’avenir du congé de fin d’activité. Il s’agit d’un dispositif (il n’est pas considéré comme un régime spécial) ouvert à l’ensemble des conducteurs ayant au moins 25 années de service qui permet aux conducteurs de poids lourds et de cars de pouvoir partir jusqu’à 5 ans avant l’âge légal de départ à la retraite. Il permet aux bénéficiaires de toucher 75 % de leur salaire brut, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge légal de la retraite. Or, avec un passage de 62 à 64 ans, ce dispositif coûtera plus cher à financer. Son financement pour 2023 a été validé par le gouvernement mais avant la réforme de la retraite, donc sans prendre en compte les nouvelles mesures.

Les syndicats sont inquiets car les négociations sur le financement du CFA étaient prévues fin 2022 ont été annulées dans l’attente de la présentation de la réforme des retraites. « Il y aura certainement une nouvelle mobilisation » pour défendre ce congé de fin d’activité, nous a confié un syndicat.

Enfin, le blocage des raffineries inquiète particulièrement les fédérations du transport routier. Des préavis ont d’ores et déjà été lancés par la CGT Pétrole du 19 janvier au début du mois de février, avec une montée en puissance des mouvements : 24 heures de grève le 19 janvier, 48 heures pour le 26 janvier et, enfin, 72 heures pour le 6 février. Sans gasoil, les camions ne pourront plus rouler.

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