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Arval Mobility Observatory dissèque le coût d’usage des VUL

Depuis dix ans, l’Arval Mobility Observatory (filiale location et financement de véhicules de BNP Paribas) suit en France l’évolution du TCO (pour Total Cost of Ownership) des VUL et publie un cahier dédié qui permet d’avoir une vision globale sur plusieurs années de l’évolution. Retenons tout de même que l’étude publiée cette année et qui correspond à l’année 2020 sera certainement bouleversée par l’augmentation des carburants.

Comment ont évolué les coûts d’usage des parcs automobiles des entreprises en 2020 ? Quels sont les postes qui ont le plus impacté le TCO pour les décideurs d’entreprises, entre fiscalité, carburant, dépréciation des véhicules ou encore entretien ?

Si TRM24 vous propose un focus sur les utilitaires légers, vous trouverez, l’étude complète, en suivant ce lien.

https://mobility-observatory.arval.fr/sites/fr/files/uploaded/tco2021/index.html#/page/0

Que faut-il retenir de cette nouvelle édition du TCO Scope ?

  • Après deux années de hausse des coûts d’usage des véhicules utilisés dans les flottes d’entreprise (en 2018 et 2019), la tendance est à la baisse en 2020. Le PRK moyen pondéré ressort en repli de – 5,1 % par rapport à 2019 pour les véhicules particuliers et revient à son niveau de 2012. Pour les véhicules utilitaires, le PRK moyen est en repli de -2,54 % sur la même période. En 2020, l’analyse de la répartition des coûts en pourcentage montre une évolution à la baisse en valeur pour tous les postes : dépréciations, fiscalité, énergie.
  • Pas de changement en revanche sur le poids respectif des composantes du TCO. En 2020, la principale composante du TCO, pour les VP comme pour les VUL, reste la dépréciation du véhicule,c’est à dire la différence entre la valeur immobilisée (prix catalogue – remise) et la valeur prévisible de revente à la fin des 48 mois de détention (appelée valeur résiduelle chez les loueurs longue durée). Pour les VP (les VUL ne sont pas assujettis à une fiscalité automobile comparable), le poids des charges fiscales et sociales constitue encore en 2020 le second poste dans le calcul d’un TCO. Il s’agit de la TVS, des amortissements non déductibles et des charges sociales sur avantages en nature.

Focus sur le TCO des Véhicules Utilitaires Légers

Les véhicules utilitaires (VUL) sont considérés comme des outils de production et à ce titre relèvent d’une fiscalité de droit commun (TVA déductible sur l’achat, les loyers, l’entretien, les pneus…). Ils ne sont pas pénalisés par des taxes supplémentaires comme la TVS ou la non-déductibilité des amortissements au-delà d’un plafond de prix d’achat. En fait, la seule taxation qui affecte les VUL est la taxe sur la carte grise. Contrairement aux VP, le poids des charges sociales et fiscales est donc insignifiant. Cette absence de fiscalité pénalisante fait mécaniquement remonter les valeurs des autres composantes dans la répartition en pourcentage et par rapport aux mêmes indicateurs VP. Il est donc très important de ne pas comparer les PRK des VP et ceux des VUL. Il faut en outre noter que les coûts d’usage des VUL sont exprimés hors taxes. Une fois ces précautions prises, le prix de revient kilométrique (PRK) moyen global pondéré de l’ensemble des véhicules composant l’échantillon des VUL du TCO Scope est en 2020 de 0,269 € HT/km.

Dans les calculs du TCO Scope, les cinq véhicules utilitaires les plus immatriculés ont été retenus pour chacun des segments fourgonnettes, fourgons et grands fourgons. Concernant les véhicules fiscaux ou véhicules de sociétés, dix véhicules ont été sélectionnés pour calculer le PRK pondéré. Cela représente un échantillon de près de 75% du total des utilitaires légers immatriculés auprès des entreprises.

Sur une année, entre 2019 et 2020, tous les segments du marché des VUL enregistrent des baisses significatives de leurs PRK : la plus forte baisse de PRK est affichée par les grands fourgons (- 12,4 % à 0,332 €), devant les fourgons (- 11,15 % à 0,271 €), les fourgonnettes (- 4,07 % à 0,236 €) et les véhicules fiscaux (- 1,78 % à 0,221 €).

De nombreux postes à prendre en compte, certains fluctuent

Ce prix de revient kilométrique moyen a été établi à partir du coût total moyen pondéré d’un échantillon de 25 véhicules utilitaires (VUL) thermiques, avec la loi de roulage suivante : 48 mois et 100 000 km. En 2020, le coût total moyen pondéré ressort à 27 026 € contre 29 008 € en 2019. Il s’agit de la somme des différents postes de coûts liés à l’utilisation du véhicule (dépréciation, frais financiers, entretien-pneumatiques-assurance, énergie, carte grise).

En 2020, le PRK moyen des VUL s’est inscrit en baisse de – 6,92% par rapport à 2019. L’analyse de la période 2012 à 2020 fait également ressortir une baisse de -2,54 % du PRK moyen pondéré des VUL, alors que la tendance des dernières années était revenue à la hausse.

Dans le détail, année par année, les calculs montrent que les PRK moyens pondérés reculent jusqu’en 2016 (- 3,62 % en 2013, – 0,75 % en 2014, – 2,65 % en 2015 et -1,16 % en 2016), et que depuis, la tendance est repartie à la hausse.

L’année 2017 avait en effet marqué une rupture, avec une hausse du PRK moyen pondéré de + 4,72 % par rapport à 2016. Rupture confirmée en 2018, avec une nouvelle progression du PRK moyen pondéré de + 6,77 %, puis de + 4,71 % en 2019.

Les coûts des carburants ne correspondent pas à la réalité d’aujourd’hui

Cette inversion de tendance en 2020 s’explique par le carburant, dont les prix ont reculé sur la période : 1,34 € TTC le litre d’essence (- 14 centimes par rapport à 2019) et 1,26 € TTC le litre de gazole (- 18 centimes par rapport à 2019). Le prix de l’électricité (2 € pour 100 kms) est quant à lui stable d’une année sur l’autre. Quant aux consommations moyennes, elles poursuivent leur décrue année après année : en 2020, elles s’établissent à 4,67 litres aux 100 kms, contre 5,05 litres en 2019 et 5,25 litres en 2018.

L’évolution des coûts entre 2012 et 2020 montre que la dépréciation reste la principale composante du coût d’usage des VUL. Sur la période étudiée, sa part a progressé de + 12,9 % (14 079 €) en raison de la hausse des prix des véhicules. Le poids de l’énergie a quant à lui significativement reculé de – 27,29 % (4 849 €) tandis que l’entretien-pneumatiques-assurance a légèrement progressé de +1,65 % (6 588 €).

Sur un an (2020 par rapport à 2019), le PRK (prix de revient kilométrique) moyen des véhicules utilitaires a nettement reculé sur le poste carburant (- 20,73 % à 4 849 €). Il a également reculé sur la déprécation (- 4,03 % à 14 079 €) et sur l’entretien (- 3,06 % à 6 588 €). En revanche les frais financiers progressent de + 5,66 % (1 194 €).

Des normes environnementales strictes

Concernant les normes environnementales, les députés européens ont adopté en 2012 un règlement fixant à 147 g/km les normes d’émission des VUL pour 2020. En mars 2018, ils ont voté de nouvelles obligations pour les constructeurs à horizon 2030.

Concrètement, en 2030, les VUL devront voir leurs émissions réduites de – 31 % par rapport à 2021. Un objectif intermédiaire de – 15% est fixé pour 2025. Ce qui donne une moyenne de 125 g de CO2/km en 2025 et 101,4 g/km en 2030. L’analyse de la moyenne pondérée des taux d’émissions entre 2012 et 2020 (- 11 g à 138 g/ km en 2020) confirme que les VUL sont, pour un certain nombre de segments, en phase avec le premier seuil de 147 g/km à atteindre en 2020. Et cela, alors même que la nouvelle norme WLTP est entrée en vigueur en septembre 2019, avec la hausse des émissions de CO2 que son fonctionnement entraîne.

D’ailleurs, entre 2019 et 2020, la moyenne des émissions a progressé de 5 g/km (+ 5,34 %). L’analyse des émissions de CO2 de chaque segment entre 2012 et 2020 traduit une certaine disparité dans les baisses, selon les modèles : les plus fortes décroissances sont observées sur les fourgonnettes (- 18,32 % à 107 g/km contre 131 g/km), suivis par les fourgons (- 15,8 % à 160 g/km contre 190 g/km), les grands fourgons (- 13,4 % à 181 g/km contre 209 g/km) et les véhicules fiscaux (- 13,33 % à 91 g/km contre 105 g/km). Au total, les véhicules fiscaux (avec 91 g/km d’émissions) et les fourgonnettes (107 g/km) sont dans les clous des obligations européennes. En revanche, la route reste encore longue pour les grands fourgons (181 g/km) et les fourgons, qui ont vu leurs émissions fortement progresser en un an (160 g/km).

Jean-Yves Kerbrat
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