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Benchmark-taux de fret routier européens : hausse des prix

Selon le Benchmark des taux de fret routier européens publié par Ti et Upply, les prix ont augmenté au premier trimestre. Le taux de fret routier moyen en Europe s’établit ainsi à 1 118 euros, soit une augmentation de 1,6% en glissement annuel et de 0,5% en glissement trimestriel. La combinaison des perturbations liées au Brexit et à l’exigence de tests Covid a conduit à une hausse de 1,3% des taux de fret Transmanche en glissement trimestriel au T1 2021, soit 5% en glissement annuel.

Andy Ralls, analyste quantitatif chez Ti, précise que « les taux n’ont augmenté que modérément au premier trimestre, la demande étant freinée par la nouvelle vague de COVID-19 en Europe. Comme au début de l’année 2020, cela a conduit à des schémas de demande irréguliers, qui ont faussé la dynamique des taux de transport entre l’amont et l’aval sur un certain nombre d’axes. Cependant, les perturbations liées au Brexit, la hausse des prix du diesel et l’augmentation des volumes commerciaux mondiaux rendent probables de nouvelles hausses de taux dans les mois à venir. »

« Cette évolution intervient dans un contexte de perturbations, liées au Brexit mais aussi à de nouvelles difficultés de circulation aux frontières en Europe. Malgré cette pression, les entreprises font tout pour maintenir la fluidité des acheminements » précise Upply.

Les dernières données montrent que les taux de fret plus faibles que l’on observait précédemment dans les pays plus durement touchés par le Covid sont en train de rattraper ceux des pays moins durement touchés.

Malgré les espoirs d’une forte croissance économique au début de l’année, l’Europe a souffert de la montée en flèche du nombre de cas de Covid-19. Jusqu’à présent, les tentatives de vaccination ont été largement insuffisantes pour stopper la propagation du virus, ce qui a conduit à de nouveaux confinements et mesures de restrictions. La reprise économique s’en est trouvée ralentie, même si les mesures de confinement sont moins contraignantes sur le plan économique que celles imposées au début de l’année dernière. La confiance des consommateurs a souffert, ce qui a entraîné une réduction de la demande en matière d’importations.

Cependant, à l’échelle mondiale, on observe une reprise des échanges qui soutient le marché européen. La hausse de la demande dans d’autres régions du monde, notamment aux États-Unis et en Chine, profite aux chaînes manufacturières intra-européennes, donnant un certain élan à la demande sur le marché.

Les perturbations de la chaîne logistique ont été un élément majeur en ce début de l’année 2021 et les transporteurs semblent en avoir tenu compte dans leurs politiques de prix. De plus en plus, les chauffeurs qui traversent les frontières sont tenus d’effectuer des tests Covid-19 ou contraints de faire la queue lors des contrôles. Par ailleurs, le manque de capacité sur les marchés du fret aérien et maritime entraîne un allongement des délais de livraison. Enfin, on constate des pénuries pour certaines matières premières ou certains composants, tels que les semi-conducteurs. Ces contraintes semblent avoir fait pencher le rapport de force en faveur des transporteurs dans les négociations tarifaires.

Le rapport Ti/Upply illustre également les difficultés importantes engendrées par le Brexit pour les transporteurs, lors de la traversée de la Manche. Les problèmes administratifs sont devenus monnaie courante : un peu moins de 40 % des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête de l’Office National des Statistiques (ONS) du Royaume-Uni considère la charge administrative comme le principal obstacle au commerce transfrontalier.

Il semble que cela ait parfois conduit certains transporteurs à éviter de franchir la frontière. Cette situation a eu pour effet de réduire les capacités et d’augmenter les coûts, ce qui s’est traduit par une hausse des prix de 1,3% en glissement trimestriel et de 5% en glissement annuel. Toutefois, compte tenu de la faiblesse de la demande, les transporteurs semblent avoir fait preuve de prudence dans l’évolution de leur politique tarifaire au début de l’année. Selon l’ONS, les exportations britanniques vers l’UE ont chuté de 40,7% en glissement annuel en janvier, et les importations de 28,8%. Les échanges ont de nouveau augmenté depuis, mais ils sont toujours inférieurs aux niveaux de février 2020.

Les données étudiées dans ce dernier rapport montrent également que les taux de fret des pays les plus durement touchés par Covid-19 commencent à se redresser, et à rattraper ceux des pays moins durement touchés. Par exemple, l’Allemagne, qui a mieux géré la pandémie que la plupart des pays européens, avait plutôt tendance à tirer vers le haut le prix moyen. C’est toujours le cas mais dans des proportions moindres depuis que le pays a subi une nouvelle vague de Covid-19 au T1 2021. Les taux de fret en Allemagne ont baissé de 0,4% par rapport au trimestre précédent. Les taux de fret européens hors Allemagne ont augmenté de 1,3%, ramenant l’écart entre les taux vers les niveaux d’avant la pandémie.

(avec communiqué Ti et Upply)

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