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CBM devient actionnaire majoritaire de Retrofleet

CBM devient actionnaire majoritaire de Retrofleet. Emmanuel Flahaut, PDG de Retrofleet, s’est félicité de cette montée en puissance du groupe CBM, spécialiste des pièces de rechange dans l’univers de l’autocar et de l’autobus. L’occasion de détailler la stratégie commerciale des deux entreprises sur le sujet de la conversion des autocars thermiques en électrique.

Vincent Couvreur, Chef des activités services rail et bus au sein du groupe CBM, explique les motivations qui ont amené l’entreprise à monter dans le capital de Retrofleet : cela « vient en complément de notre métier historique de distribution de pièces de rechange autobus et autocar. Le rétrofit[1] électrique est un véritable relai de croissance pour le groupe permettant d’aider nos clients actuels à décarboner leur flotte rapidement et à coûts maîtrisés (…) Cette activité ne m’est pas complètement inconnue puisque j’ai fait du « re-powering[2] » de trains dans mon expérience passée ! L’investissement dans Retrofleet vient clôturer un premier cycle avec le rachat de STIMIO (supervision de flottes) et du groupe Besset [un carrossier réparateur important faisant également du prototypage NDLR]. Nos deux sites opérationnels, (Goussainville et Villeurbanne) nous permettent de convertir les cars (…). Nous allons inaugurer très prochainement un nouveau site Besset Grand-Ouest dans les pays de Loire. En revanche, le Sud-Ouest et la région Hauts de France seront couverts par des partenariats locaux ». Sur ce dernier point on peut parier que les établissements Bacqueyrisses pourraient constituer d’excellents candidats !

Emmanuel Flahaut, PDG de Retrofleet, donne d’autres détails sur cette organisation : « Les pack batteries qui sont aux normes automobiles (exactement les mêmes que celles des constructeurs traditionnels) ont été conçus et sont produits sur le site savoyard de Retrofleet. Les kits sont préassemblés sur ce même lieu de production puis installés sur les sites du groupes Besset, à Villeurbanne, Moirans (près de Grenoble), Goussainville (près de Roissy), et bientôt un site dans les pays de la Loire, région du siège de CBM. »

Cela n’empêchera pas CBM de vendre en direct des kits complets homologués UTAC/CNRV. C’était déjà prévu de façon contractuelle entre Retrofleet et CBM depuis septembre 2023.  Mais, précise Emmanuel Flahaut «Retrofleet garde d’autres clients en direct, notamment dans le cadre de grands groupes, lorsque les contacts étaient déjà établis. » On peut penser ici aux accords conclus entre Transdev Touraine et Retrofleet ayant conduit aux premières conversions pour le réseau Remi de la région Centre Val de Loire. Keolis Porte de l’Isère a communiqué fin 2023 sur une mise en service commercial d’autres Iveco Crossway convertis par Retrofleet.

À la conquête du volume

Retrofleet a déjà obtenu les homologations de ses kits pour Iveco Bus Crossway dès septembre 2023 et aurait déjà livré une dizaine de véhicules reconvertis. Le portefeuille de commandes comprendrait une centaine d’unités pour 2024. La firme ambitionne d’être « en capacité de traiter plusieurs centaines de véhicules par an ». Pour atteindre ces objectifs, Retrofleet entend homologuer UTAC et commercialiser d’ici à la fin de l’année 2024 des kits de conversion pour Mercedes-Benz Intouro, autre « classique » des parcs d’autocars dédiés aux services scolaires et de ligne. Le développement de marchés à l’export est un second relais de croissance identifié par CBM, d’où la participation de Retrofleet au salon Mobility Exhibition de Milan (du 8 au 10 mai 2024) et l’inauguration à l’automne 2024 d’un atelier de 6000m2 dans l’agglomération de Turin (Piémont, Italie). Compte-tenu de l’état des finances des collectivités, de l’âge du parc et des parts de marché d’Iveco Bus dans ce pays « L’Italie est l’un des plus gros potentiels » estime Vincent Couvreur, Chef des activités de services rail et autobus de CBM. Cet investissement de CBM dans Retrofleet confirme qu’une consolidation du secteur est en cours. Cela s’accompagne d’une simplification opérationnelle : l’entreprise va se concentrer en Savoie, là où s’effectuaient déjà toutes les étapes de R&D et d’industrialisation.

La filiale MONA Automotive dédiée aux véhicules jusqu’à 3.5t reste localisée dans les Hauts de France. On constate également que les acteurs présents dans le secteur des autocars et autobus, sont également les premiers à passer à une phase industrielle. Ce rapprochement entre CBM et Retrofleet sur le plan capitalistique est à mettre en parallèle avec le développement de SAFRA sur cette activité. Le pionnier REV Mobilities, prompt à saturer les réseaux sociaux mais moins rapide à réaliser des projets concrets adaptés à la France, a sur ce sujet un temps de retard qu’il entend compenser via un accord conclu en fin d‘année 2023 avec le groupe Gruau. Lequel n’est serait pas à sa première tentative d’incursion dans le véhicule électrique.

[1] Conversion du moteur thermique en électrique ou pile à combustible en français de Villers-Cotterêts.

[2] Re-motorisation en français de Villers-Cotterêts.

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