Actu

Congrès FNTR : Pour Djebbari, la réalité, c’est le gaz

Transition énergétique : “nous vivons la plus grande transformation technologique et économique”

« la réalité aujourd’hui pour le transport routier, c’est le gaz »

« La task force a été opportune et elle doit se transformer en acte concret »

Lors du Congrès de la FNTR en live ce matin, le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, a mis en avant la transition énergétique indiquant que « nous vivons la plus grande transformation technologique et économique » et que « le gaz était une réalité aujourd’hui pour le transport routier. » Le ministre a insisté sur le manque d’infrastructures (bornes de recharges électriques) en France et en Europe.

A la question posée par Jérôme Bonaldi qui l’interrogeait : « nous avons l’impression que vous aimez moins les camions », le ministre a répondu : « Nous aimons les routiers, nous aimons les camions, la route. Nous avons déjà consenti beaucoup d’investissements pour la route. Nous n’en parlons pas assez car on évoque beaucoup les chiffres autour du ferroviaire. Nous avons remis plus d’un milliard d’euros par an pour l’entretien. Pendant la crise, nous avons eu l’expression du caractère tout à fait indispensable de l’activité des chauffeurs routiers. On a essayé d’être pratico-pratiques et pragmatiques pour les aider, pour rouvrir les aires de services et pour aussi préparer l’avenir. Ça permet vraiment de lancer un message de remerciements à l’engagement de tout le secteur, de l’ensemble des transporteurs routiers et des chauffeurs qui ont fait tenir la chaine logistique française. J’ai souvent dit : concrètement si nous avons dans nos supermarchés les biens de première nécessité, si on a de quoi se nourrir et se déplacer et si on peut aussi bénéficier de quelques loisirs, c’est parce qu’on a au bout de la chaîne ces transporteurs routiers tout à fait exemplaires. »

La réalité aujourd’hui pour le transport routier est le gaz

Sur la transition énergétique, Jean-Baptiste Djebbari a souligné qu’il s’agissait « d’un grand mouvement dans le monde du transport. Nous voyons bien qu’entre l’électrification et l’hydrogène ce sont des tendances qui sont très amples. La réalité aujourd’hui pour le transport routier est le gaz, le GNV, le BioGNV, qui vont durer car nous n’avons pas encore l’offre nationale et européenne pour les camions électriques et hydrogènes. Même si nous avons commencé à mettre en place des primes importantes. Nous n’avons pas encore les infrastructures, les bornes. Tout cela va mettre du temps. Il faut voir ce que l’on peut proposer sur le suramortissement pour faire la transition avec le gaz. Par rapport aux véhicules individuels, pour les camions électriques, les prix progressent très vite et il faut préparer aussi le recours à l’hydrogène. Nous avons accordé 100 millions d’euros dans le cadre du plan de relance avec des primes de 30 000 euros sur les bus et les cars et de 50 000 euros sur les camions. On nous a demandé très peu de primes, de l’ordre de moins d’une vingtaine. Il faut à la fois ne pas se voiler la face et se dire que la transition arrive vite. Il y a 5 ans, on disait que le véhicule électrique n’existerait jamais. Aujourd’hui, tous les constructeurs européens font des annonces qui font que nous accélérons très vite sur la transition notamment pour les petits véhicules. Pour les camions, nous sommes sur un cycle tampon mais qui va durer quelques années. »

Jean-Christophe Pic, le président de la FNTR, lui a répondu qu’il était indispensable de mettre autour de la table les donneurs d’ordre, c’est-à-dire les clients. « Une fois que les clients seront convaincus que, pour aller à cette transition, il faut passer par des contraintes et des tarifs différents, cela donnera une visibilité aux constructeurs. Aujourd’hui, même si nous faisons l’effort, l’offre technique n’est pas réaliste. Elle est en devenir. Il faut que nous arrivions à les placer (les véhicules) chez nos clients, nous transporteurs, nous ne sommes qu’une commodité entre les constructeurs et les clients. C’est difficile car c’est très cher. »

La task force doit se transformer en acte concret

Le ministre est revenu sur la task force, la réunion de travail sur les nouvelles énergies à laquelle la FNTR participe. « Notre logique est de donner de la visibilité aux transporteurs et aux constructeurs pour tout le travail de normalisation pour le rendre crédible sur le plan concret ; car si nous décidons des normes et nous n’avons pas les camions à zéro émission, cela ne sert à rien. Et donner de la visibilité à l’ensemble des acteurs sur les aides et les bornes » avant d’ajouter : « elle [la task force] a été opportune, elle a bien marché, tout le monde a vraiment joué le jeu. Il faut qu’elle se transforme en acte concret. Nous avons posé les bases et le diagnostic est assez partagé notamment sur les éléments de la réalité que nous avons rappelés. Comme nous avons fait pour les bornes électriques pour les véhicules légers, il faut les implanter intelligemment et au niveau européen. Le transport routier de marchandises a plutôt une dimension européenne. »

Le ministre a conclu sur la task force : « il faut trouver le modèle économique en fonction du dernier kilomètre ou du transport longue distance. Il y a un calage à faire, ce que nous ferons dans les prochains mois. »

Le paquet mobilité est une avancée objective

Jean-Baptiste Djebbari a abordé le dossier Europe en estimant « qu’il y a eu des avancées ». « Le paquet mobilité est une avancée objective. Pour se dire les choses, il est très critiqué par les pays de l’Est. Nous restons hyper vigilants. Nous allons aussi contrôler que le paquet mobilité soit bien appliqué sur le repos cabine ou le cabotage. Il y aura des contrôles à la fois au niveau français et européen. Le cabotage est un acte de confiance qui nécessite du contrôle. Il faut tenir un discours de vérité sur l’Europe. J’ai toujours dit que l’Europe sociale pour le transport n’a pas marché. Cela a été fait de façon trop rapide. Maintenant, nous devons rattraper le temps perdu. Le paquet mobilité y participe et c’est bien pour le transport routier de marchandises. C’est le début de l’histoire. Le pavillon français n’a pas été gagnant ces trente dernières années. C’est un vrai travail d’adhésion au projet européen. »

Au 1er janvier, la France présidera l’Union européenne. Le ministre a confirmé travailler sur le volet transport en particulier sur les infrastructures (bornes de recharges électriques) et sur le soutien aux prix des nouvelles énergies. « Nous vivons la plus grande transformation technologique et économique » a conclu Jean-Baptiste Djebbari.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.