Coronavirus

TEMOIGNAGE : « J’ai racheté une mercerie » (Frédéric Gaidot, Bussang Poids Lourds)

Un passionné des ventes aux enchères

C’est une histoire peu ordinaire que nous voulions vous raconter aujourd’hui. Frédéric Gaidot, garagiste et dépanneur automobile et poids lourds dans les Vosges, n’a pas hésité à racheter une mercerie qui, aujourd’hui, confectionne des dizaines de masques. Une manière pour lui de participer à la lutte contre le coronavirus. Et c’est grâce à un autre virus qu’il a attrapé que cette histoire est possible : le virus des ventes aux enchères.

Frédéric Gaidot dirige depuis une vingtaine d’années sa société de dépannage automobile et poids lourds à Bussang, dans les Vosges. Un vrai passionné de son métier et des véhicules en tout genre jusqu’aux poids lourds qu’il ne compte plus depuis la création de son entreprise. 5 camions, toutes marques confondues, transformés en véhicules de dépannage, et 5 camions de déneigement pour les périodes hivernales. « J’ai toujours eu des camions même si ce n’est pas mon activité principale » nous a précisé le dirigeant. « J’achète souvent aux enchères des lots de pièces, des camions à restaurer et même des entreprises TP qui coulent ». Car son autre passion, ce sont les ventes aux enchères. « Quand je fais pas mal de ventes et réparations, j’aime bien aller faire un tour aux ventes aux enchères. » Frédéric parcourt ainsi la France entière pour dénicher mille et une pièces. « Les camions anciens ne m’intéressent pas car il y a trop de restauration à faire » nous a-t-il précisé. Il a déjà racheté une boulangerie et un salon de coiffure !

600 masques confectionnés

Et juste avant le confinement, notre dépanneur garagiste a décidé de se rendre dans une vente aux enchères afin d’acquérir une petite voiture américaine de 20 mètres de long. « C’était pour des raisons persos, je voulais absolument cette pièce. Et finalement j’ai racheté une mercerie ! » nous relate-t-il. « Ma femme coud toujours et je ne sais pas pourquoi je l’ai acheté. » L’histoire ne s’arrête pas là. Frédéric offre la mercerie à une jeune professeur de couture âgée de 25 ans. Et la pandémie arrive en même temps. Elle décide du coup de fabriquer des masques pour les professionnels de santé non seulement mais aussi des bandanas « pour les personnes atteintes d’un cancer et qui ne supportent pas les accessoires des hôpitaux et des kits sur-mesure pour habiller les bébés prématurés. » L’affaire marche bien puisque la jeune prof a déjà confectionné 600 masques. Frédéric ne cachait pas sa fierté quand nous l’avons contacté.

Le dirigeant de Bussang Poids lourds a dû fermer quelques jours son entreprise, les dépannages et réparations reprennent progressivement. « Je ne pouvais pas rester ouvert car j’avais un problème de livraisons de pièces » nous a-t-il indiqué. « Vivement que ça se termine. C’est quand même la galère » a-t-il admis avant d’ajouter : « Economiquement, les bilans seront dans le rouge en 2020. Les clients ont freiné les réparations et les achats. Mais on n’a pas le choix. Derrière, il y a des mécanos et secrétaires qui doivent rembourser des crédits tous les mois ! » conclut-il.

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