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Drame de Gênes : les transporteurs français lourdement affectés

Au delà de la perte humaine dramatique, 40 morts, l’effondrement du pont de Gênes a une répercussion économique importante et en particulier sur le trafic des poids lourds. L’autoroute A10 est un axe essentiel pour le transport des marchandises entre le sud de l’Europe et les autres Etats membres. Les transporteurs français habitués de l’Italie ont du se réorganiser mais savent déjà que la facture sera salée en raison des surcoûts engendrés.

Plus de 25 millions de véhicules empruntaient ce pont chaque année. Il était surtout le moyen d’accéder au premier port italien de Gênes qui génère une production estimée à 11 milliards d’euros. 1 500 poids lourds l’empruntaient quotidiennement. Sans oublier l’impact sur le tourisme. 3 millions de passagers embarquent dans les navires de croisière qui accostent au port de Gênes.

Paolo Emilio Signorini, président de l’administration portuaire de Gênes, a déclaré : « L’année dernière, nous avons enregistré une augmentation de 15% en EVP. Cette année, nous assistons à une augmentation de 5%. Maintenant, avec l’effondrement du pont, nous estimons que cette prévision ne sera pas atteinte et pourrait entraîner une perte de trafic pouvant atteindre 10%. »

Les transporteurs italiens mais aussi français sont touchés directement par le drame. Patrick Mortigliengo, transporteur et président de la FNTR Alpes-Maritimes, connaît cette région et estime l’impact de l’effondrement du pont : « Tous les camions qui vont dans le sud de l’Italie, le sud et le sud-ouest de la France, au Portugal et en Espagne, passent par là. Il faut imaginer le trafic que ça représente, c’est énorme et immense » a-t-il répondu sur France Info. Ses camions sont obligés de faire un détour de 360 kilomètres aller-retour en remontant sur Milan ou en passant par Parme. « La solution la plus dure est de passer par Varazze, Tortone, Pazienza et Parme. Là, c’est un détour de 180 km aller et 180 km retour, soit cinq heures de conduite en plus. C’est énorme, ça va augmenter au minimum de 300 euros le transport. » Désormais, les transporteurs vont devoir supporter les surcoûts engendrés par le drame de Gênes. « 300 euros de plus sur un transport pour des grosses marchandises, ça passe bien, mais sur des marchandises à faible valeur, c’est capital. Ça risque de pénaliser les échanges, et certains risquent de se retourner sur des marchés ailleurs » a déclaré Patrick Mortigliengo sur France Info.

Les autorités italiennes vont devoir aussi faire preuve de souplesse en terme de réglementations. Car la plupart des transporteurs n’ont pas le choix que de réorganiser les temps de conduite de leurs conducteurs, les itinéraires étant rallongés. Pour contourner Gênes, le temps supplémentaire est estimé à 4 heures.

Comme beaucoup, le représentant du port de Gênes espère qu’une nouvelle structure sera rapidement construite pour que le flux de poids lourds puisse continuer à charger et décharger les marchandises : « Tout dépendra de la capacité dont nous disposons pour construire une nouvelle autoroute à côté de la mer destinée aux camions. Nous estimons que, quotidiennement, le pont de Morandi a été emprunté par 1 000 à 1 500 poids lourds. Certains véhicules doivent désormais utiliser une nouvelle route alternative. Si cela fonctionne correctement, alors, en termes de trafic portuaire, nous ferions face à l’effondrement du pont. Sinon, nous aurons une congestion grave dans les autres itinéraires existants, ce qui entraînerait une perte plus importante » a-t-il ajouté.

Le port de Gênes envisage d’ouvrir 24 heures sur 24 pour réduire la baisse des arrivées de fret par poids lourds.

Le fret ferroviaire est aussi lourdement affecté, les débris du pont ont bloqué la ligne de chemin de fer qui relie Gênes au riche nord de l’Italie vers la Suisse et l’Europe centrale.

 

 

 

 

 

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