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Les routiers ne sont pas les plus gros consommateurs d’alcool et de cannabis

La Plateforme nationale d’actions globales pour la responsabilité sociétale des entreprises (Plateforme RSE) a remis la semaine dernière à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) les résultats de ses travaux. Finie l’image du routier qui buvait au restaurant et fumait dans son camion. Les conducteurs de poids lourds ne sont pas les plus grands consommateurs d’alcool et de drogue. Les contrôles dont les récents tests salivaires ont très certainement joué un rôle déterminant.

Ces travaux de la plateforme RSE consistent à proposer des solutions pour les entreprises pour mieux prévenir et prendre en charge les consommations à risques d’alcool, de tabac, de cannabis et de médicaments psychotropes, substances les plus consommées en milieu de travail. Les liens entre consommations et stress au travail, harcèlement au travail, conditions de travail difficiles, etc. sont de mieux en mieux documentés. Aussi la question des conduites addictives en milieu professionnel a-t-elle été intégrée dans le plan santé au travail 2016-2020 et identifiée comme l’une des priorités de la mobilisation contre les addictions portée par la MILDECA.

Alcool. La consommation quotidienne d’alcool par la population française est en baisse ininterrompue. Les plus gros consommateurs d’alcool en milieu professionnel restent les salariés de la construction (33,2%) suivis de ceux des arts et spectacles (32,3%). Les salariés du transport se positionnent à la 6è place avec 23%.

Tabac. Même constat. Depuis 25 ans, les ventes de cigarettes déclinent en France, passant de 97,1 milliards d’unités en 1991 à 44,3 milliards d’unités en 2017. La consommation de tabac par les 15-75 ans a connu une baisse entre 2000 et 2005, une hausse entre 2005 et 2010, puis est restée stable entre 2010 et 2016. Les conducteurs routiers ne consomment pas plus que les salariés des autres secteurs. La restauration et la construction restent les secteurs les plus consommateurs de tabac.

Cannabis. Les Baromètres Santé de l’INPES montrent une hausse globale des niveaux d’usage de cannabis et une nette hausse concernant la consommation de cocaïne. Le cannabis est de loin la substance illicite la plus consommée, avec 44,8 % de personnes âgées de 18 à 64 ans déclarant l’avoir déjà essayé. Les salariés du transport en consomment peu aujourd’hui (5% contre 16,6% dans le spectacle et 13% dans la construction). Il semble que les contrôles de dépistage de drogue auprès de la population des roulants aient porté ses fruits alors qu’il y a encore 10 ans, les routiers consommaient pendant leurs heures de travail du cannabis. Par ailleurs, une seule consommation de cannabis peut être détectée jusqu’à deux semaines après la prise. Les consommateurs le savent et les conducteurs routiers sont plus exposés aux contrôles sur route. Tous ces facteurs ont pu entraîner une baisse de la consommation de ces substances chez les routiers.

La cocaïne est le deuxième produit illicite le plus consommé ; sa consommation concerne environ dix fois moins de personnes que le cannabis, que ce soit en termes d’expérimentation ou d’usage dans l’année. Le secteur du transport est peu consommateur de cocaïne, à en croire le rapport.

La Plateforme RSE fait donc diverses propositions comme « de veiller à ce que, dans les politiques publiques de lutte contre les addictions, la prévention prime sur la répression, et que cette orientation s’applique aux obligations qui visent le monde de l’entreprise » ; « d’intégrer la lutte contre les conduites addictives dans la formation initiale des futurs managers (écoles de commerce, de gestion et d’ingénieurs) ainsi que dans la journée de formation suivie par les futurs responsables d’un point de vente d’alcool ou de tabac avant l’obtention du KBIS » ; d’encourager les entreprises à « porter une attention particulière à la qualité de vie au travail de leurs salariés, afin de réduire le risque d’un recours de ceux-ci aux substances psychoactives, et de veiller à porter une attention particulière à la vulnérabilité des jeunes, qui sont particulièrement exposés à ce risque ».

Les propositions de la Plateforme RSE seront, dans les prochaines semaines, partagées avec les acteurs du monde du travail.

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