Économie

Ecotaxe espagnole : les tarifs n’évolueront pas

Entrée en vigueur le 9 janvier dernier, l’écotaxe espagnole suscite la colère des transporteurs qui transitent par la province autonome de Gipuzkoa où sont installés les trois portiques. Les politiques locaux souhaiteraient augmenter les tarifs. Ce que refuse Bruxelles. Pas moins de 20 000 poids lourds transitent chaque jour par la province autonome.

La province avait tablé initialement sur des tarifs atteignant les 10 euros avec un minimum d’un euro. Ils sont nettement en dessous puisqu’ils varient entre 0,56 et 6,89 euros. Ces derniers jours, plusieurs députés basques souhaitaient augmenter l’addition déjà salée pour les transporteurs. Car, pour l’heure, la collecte de la taxe ne couvre que 74% du coût de l’entretien des infrastructures (la taxe étant destinée à cela). Or, la réglementation européenne ne permet pas de fixer des tarifs supérieurs à 100%.

Selon nos informations, les poids lourds en transit (dont français) paient un maximum de 5,56 euros (entre 3,5 et 12 tonnes) et 6,89 s’ils dépassent 12 tonnes. À ce prix, ils doivent ajouter les 4,38 ou 5,24 euros qu’ils paient déjà pour le tronçon de l’autoroute AP-8 à Irun. Au total, le camion qui vient de France et emprunte l’autoroute puis la Nationale 1 jusqu’au col d’Etzegarate paie entre 9,94 et 12,13 euros.

Voici la grille tarifaire de base (TVA espagnole incluse)

Tramo (trajet), Pesado 1 (de 3,5 à 12 tonnes), Pesado 2 (plus de 12 tonnes)

Les poids lourds n’ont pas à s’arrêter. Un détecteur de plaque d’immatriculation reconnaît le véhicule et facture le paiement automatiquement via le système de paiement Via-T, que 87% des camionneurs qui traversent Gipuzkoa ont déjà. Aujourd’hui, 9 000 poids lourds franchissent chaque jour le péage d’Irun (A8). 63,2% continuent sur la nationale 1 et seulement 36,8% utilisent les autoroutes à péage AP-8 et AP-1. La province autonome estime qu’avec l’écotaxe près de 1 500 camions seront détournés vers l’autoroute, de sorte que le nationale 1 subira un peu moins de la moitié (47,4%) du trafic lourd actuel.

Autre problème (surtout pour les routiers espagnols), le paiement en espèces n’est pas accepté notamment au péage d’Irun, et ce, « pour assurer la fluidité de la circulation » tient à rappeler le ministère des transports espagnols. Pour les transporteurs traversant cette région espagnole, si leurs camions ne sont pas équipés d’un appareil compatible avec le Vía-T, ils doivent s’enregistrer via le site web de Bidegi.

Cette nouvelle taxe rapporterait près de 9 millions d’euros par an, dont les deux tiers serviraient à l’entretien des routes.

 

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