EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon, cette enquête qui écorche l’image du routier

Quelle ne fut pas mon irritation l’autre matin quand j’entendis à la radio un journaliste titrer son papier par : « les routiers se considèrent obèses ! ». Encore l’image du routier gros, dangereux, qui revient. Il faisait référence à une enquête réalisée par Vinci Autoroutes qui a interrogé les conducteurs sur les aires de repos.

Pire, les routiers sont pointés du doigt pour leur dangerosité au volant. 83% téléphoneraient en conduisant, en clair cela revient à dire que tous sont concernés ! Un cocktail parfait pour ne pas attirer les jeunes à cette profession ! Les auditeurs n’ayant que retenu le titre ont déversé un tas de commentaires insensés sur les professionnels de la route.

Je ne parle pas des projections faites laissant supposer que tous les routiers ont en tête l’accident quand il conduise : « les conducteurs de poids lourd sont 76% à considérer qu’il est probable qu’ils aient un accident avec un véhicule léger » rapporte l’enquête.

Certes l’enquête aborde des points intéressants mais ne révèlent rien. Comme le fait d’être éloigné de leur famille, seconde contrainte selon les conducteurs sondés. Mais tellement évidente comme la première contrainte : les embouteillages ! Qui aimerait rester bloqué dans un bouchon. Le temps passé dans un embouteillage est pour un conducteur autant de temps de perdu pour son repos.

Pourquoi tirer sur l’ambulance alors que la profession manque de bras ? Les routiers qui restent en première ligne ont-ils besoin d’une telle enquête sincèrement ? Le moment n’était pas opportun. Cela aurait été plus intelligent de rechercher les raisons des mauvaises attitudes des routiers, de leur fatigue que de mettre en avant leur quotidien difficile.

2 Responses

  1. Force et courage aux routiers.
    C’est un métier certes risqué, mais très passionnant.
    Être pointé du doigt doit pouvoir à un certain moment, (nous) glisser sur la peau.

  2. Comme d’habitude les journalistes ne cherchent qu’une chose : faire le buzz et tant pis si pour cela ils doivent salir notre profession…..
    Sans commentaire.

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