EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon, hommage aux femmes routières

Je veux rendre hommage cette semaine aux quelques 2 000 femmes qui roulent sur nos routes au volant d’un camion. Toujours discrètes, professionnelles, humbles, elles sont le plus souvent les « invisibles » du secteur du transport routier. Pourtant, leur métier n’est pas de tout repos, loin de là. Elles conduisent souvent des camions citernes et roulent de nuit. Alors que bon nombre d’hommes routiers veulent rentrer dormir chaque soir à la maison.

Je voulais rendre hommage plus particulièrement à l’une des premières femmes routières. Je me souviens comme si c’était hier de ma rencontre avec Lilyane Slavsky connu sous le nom de Fantastique. Quel superbe nom. C’est Max (Meynier) qui lui avait donné ce surnom.

Ce fut au hasard d’une allée aux 24 heures du Mans camion. Plus tard je consacrerai un portrait complet à elle dans le magazine France Routes. Lilyane a été l’une des toutes premières routières en France. Elle ne s’en est jamais vantée mais à ma connaissance ce fut la première femme routière.

Surréaliste à l’époque – comme ce serait le cas encore aujourd’hui -, Lilyane travaillait en tailleur et en talons ! Elle gardait son look de femme même au volant d’un 38 tonnes (à l’époque). Elle m’avait avoué d’ailleurs qu’elle n’a jamais porté de pantalon de sa vie. Elle osait tout en restant discrète.

Fantastique a surtout osé se lancer dans cette profession à une époque où la femme devait se trouver derrière les fourneaux. Le cliché habituel. Saluons son courage. Elle fut alors une femme libre et indépendante. Les transporteurs de l’époque, et certaines figures du transport ne voulaient pas « s’emmerder avec une femme » m’avait-elle confié. Pourtant, Lilyane va insister et travailler pour des entreprises de renom comme STG.

Et quel mérite. Elle a conduit des bahuts qui n’avaient rien à voir avec les camions haut de gamme d’aujourd’hui. Pour ceux qui ont connu, Lilyane a piloté à merveille des Saviem SM 260 ou encore des Magirus Deutz 270 D.

Christine, Huguette, Annie, Amandine, j’en ai rencontré des routières durant ma carrière de journaliste. Elles se reconnaitront. Aujourd’hui, je profite de cette journée dédiée à la femme pour les saluer. Ayions une pensée pour ces routières. Elles ne sont que 2 000 au volant d’un camion. Elles sont elles aussi en première ligne.

5 Responses

  1. Bravo à toutes ses femmes , moi qui n’aie jamais oser prendre un volant de camion malgré mes permis , les enfants ont gagnés sur ce coup ! Respect

  2. Merci mon amie roule depuis 27 ans je suis admirative de son courage merci pour toutes ces femmes

  3. C’est vrai les femmes sur le TRM apportent cette touche indispensable d’humanité que l’homme a perdu au nom de ses hormones. J’ai 62 ans et 20 ans de route en taxi colis en vul et à 90 % des fois qu’un “camion” m’a fait une bêtise c’etait un chauffeur homme plus enclin a jouer du muscle qu’a se servir de son cerveau. A aujourd’hui je dois reprendre une activité professionnelle pour 5 ans environ et si on me le proposait je préfèrerais largement rouler avec des femmes . Messieurs les chauffeurs ne regardez pas vos collègues féminines de haut , elle font le même métier que vous et souvent avec plus de rigueur et plus d’attention aux autres usagers de la route…
    Bonne route à tous et prenez soin de vous…

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