EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon, les anti-pass européens rêvaient d’un Convoi de la liberté canadien

Les anti-pass français comptaient sur les routiers. Or c’était mal les connaitre et surtout mal analyser le mouvement d’outre-Atlantique. Non, ceux qui ont été en première ligne lors des confinements, le plus souvent dans le silence et la discrétion, n’ont voulu aucune récupération.

Les organisateurs du convoi de la liberté pensaient que les gros bras de la route viendraient les aider. Regardez la photo choisie pour illustrer leur compte Facebook. Il s’agit d’une photo qui n’a rien à voir avec le mouvement. Ce sont des camions bloqués sur l’autoroute M20 menant au port de Douvres, en décembre 2020, dans le sud-est de l’Angleterre. Malgré l’absence de routiers dans les cortèges, la photo n’a pas été supprimée.

Au-delà de cette tentative de récupération avortée, les organisateurs français ne se sont même pas intéressés comment et pourquoi était apparu le convoi canadien. Les conditions sanitaires des routiers nord-américains sont à l’opposé de celles des routiers européens. Ces derniers peuvent rouler et franchir les « frontières » sans être obligés de présenter leur pass vaccinal. Et ils peuvent accéder aux restaurants routiers sans pass.

Cela ne veut pas dire non plus que les conducteurs français n’ont aucune revendication. Ils étaient d’ailleurs plus occupés par les négociations salariales. Et il n’était pas question pour eux d’aller jouer avec le feu et de risquer de perdre leur permis de conduire. Le convoi de la liberté à l’américaine n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu. Les klaxons des trucks canadiens ont retenti bien plus fort.

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