EDITO HERVE REBILLON

EDITO de Hervé Rébillon, Suez, Ce n’est pas un coup de vent qui arrêtera un camion

Même si on peut qualifier l’événement d’incident, le blocage porte-conteneurs géant Ever Given dans le canal de Suez a été révélateur à plus d’un titre. Il montre surtout que, quoiqu’on en dise, la route reste encore aujourd’hui la meilleure manière de transporter des marchandises. Les autres modes ont leurs limites, pas la route.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une cinquantaine de navires transite chaque jour par le canal de Suez, transportant environ 13% des matières premières et biens échangés dans le monde et près de 2% de la consommation mondiale de pétrole. Le calcul sur une année est simple et donne le vertige. Le commerce international qui misait beaucoup sur le maritime fabricant des cargos hyper géants – le Ever Given est long de plus de 400 mètres soit l’équivalent de quatre terrains de foot -, va devoir sans doute revoir sa copie.

La Route de la Soie relancée par le rail montre aussi ses limites. Même si les trains de marchandises sont de plus en plus nombreux entre la Chine et l’Europe, le ferroviaire reste discret et le type de fret est limité, tout ne peut pas être transporté. L’an dernier, 12 000 convois ont acheminé du fret sachant que chacun totalisait seulement 40 containers.

Alors que l’e-commerce a explosé avec la pandémie, les pays vont devoir rapprocher les centres de production de ceux de consommation. Cela veut dire qu’à l’avenir les produits que nous consommons aujourd’hui et qui sont produits en Asie vont devoir être produits à domicile. Et il n’y a que le camion pour transporter sur de plus courtes distances ces biens.

J’ai appris dans ma « courte » carrière professionnelle et en particulier lors de la réalisation de mes documentaires sur les camions à l’autre bout du monde que là où un poids lourd peut passer, il existe une économie. Et ce n’est pas un coup de vent qui l’arrêtera et qui le fera tomber dans le ravin (contrairement au Ever Given). En guise de conclusion, et si la route devenait une alternative au maritime et au rail ?!

One Response

  1. les pays vont devoir rapprocher les centres de production de ceux de consommation , si il n’y a pas une d’obligation de produire à domicile cela restera lettre morte.

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