Moyen-Orient

Episode 1. Ma vie au Moyen-Orient au volant d’un camion

Premier épisode d’une série qui va nous mener sur les routes du Moyen-Orient avec un guide hors pair : Jean-Louis Delarue que beaucoup connaissent sous le nom de Double-Mètre. Sur ses 50 années derrière un volant, il en a passé 16 sur les routes du Moyen-Orient. Il nous propose de partager ses mille et un souvenirs et anecdotes. Pour ce premier rendez-vous, Jean-Louis revient sur ses débuts en camion et nous explique comment il est arrivé sur les routes aussi lointaines.

Parfois il faut oser, et nous avons toujours osé

Comme tout parcours de vie, il y a un début et parfois une fin. Je ne puis parler de celui de tous mes amis grands routiers, mais seulement du mien. Par la force des choses, je me suis retrouvé aux volants de véhicules de transports. A cette époque nous faisions nos armes, car nous ne pouvions conduire des poids lourds, sans avoir appris la conduite de ces véhicules. Pour ma part, je suis rentré chez un loueur de véhicules que nous connaissons tous « FRAIKIN ». J’ai commencé sur un « J7 » puis sur un « OM » et j’ai gravi les échelons jusqu’à me retrouver au volant d’un 32 tonnes SM 240.

Puis, j’ai quitté Fraikin pour un employeur un peu fou, qui me confia en tout premier lieu un JM 200 en 6 roues frigorifique. Il m’envoya en Angleterre pour mon premier voyage. Bonjour l’angoisse de la conduite à gauche, bonjour aussi l’inquiétude que j’avais derrière ce volant démesuré. Puis il me confia un Magirus V10 toujours sur l’Angleterre. J’allais du coté de Glasgow pour charger des moutons que j’amenais aux halles de Paris.

Un jour je fis la connaissance d’un transporteur encore plus fou que moi, il me demanda de venir travailler avec lui, son nom Kouvtanovitch. Je le cite car son nom a eu une importance dans mon parcours. Il me confia un quatre roues en plateau pour livrer du vin dans l’est de la France. Il me demanda de le faire pendant l’attente de l’ensemble neuf qu’il venait d’acquérir. Donc je chargeais le soir à Gennevilliers chez SVF, puis je partais le matin de très bonne heure, pour l’est. À cette époque pas d’autoroute, seulement la nationale 4. Je finissais mes livraisons vers 15 heures puis je repartais vers la capitale préparer le jour d’après. Pendant trois semaines je n’ai pas vu le jour.

Puis mon patron, m’appela pour me présenter mon ensemble, un tracteur BERLIET TR 250 et une semi quatre roues MASSO. Je suis monté dans la cabine, fier de « mon camion ». Il avait chargé mon camion pour Varsovie. Je devenais un routier. Nous avions seulement oublié qu’il me fallait un passeport, et donc en frontière de l’Allemagne de l’est, j’ai laissé le camion en frontière et je suis revenu vers la capitale française pour faire établir le précieux sésame.

A cette époque, les papiers pour aller à l’étranger, étaient nombreux. Un carnet de T.I.R, des autorisations de transports, pour les pays destinataires, des autorisations de transit pour les pays traversés. En plus, dans les frontières il ne fallait pas oublier d’établir des « Tankshell », car nous ne pouvions pas avoir plus de gasoil à la sortie qu’à l’entrée dans le pays concerné. Il ne fallait oublier de faire tamponner notre carnet n’ATIE. A cette époque le métier de Routier était bien vu par la majorité des usagers des routes, nous étions des « Routiers Sympas », de plus nous étions respectueux des paroles d’anciens, et surtout nous apprenions à leurs contacts. Il y avait des règles que nous devions respecter, par exemple lorsque nous rentrions dans un « autohof » allemand, nous savions saluer tout le monde sans une parole, nous passions entre les tables en y donnant un coup pour dire notre bonjour.

A cette époque, nous n’avions pas de problème de chômage, et lorsque nous désirions changer de patron, les annonces de France Soir nous aidaient. J’avais aussi rendu visite aux transports Nabucet, qui étaient pour moi un gage de sérieux, ils avaient déjà une certaine notoriété sur les routes l’Italie.

Pourtant, dans l’année 1972 une annonce avait attiré mon regard, elle émanait d’un cabinet de recrutement de Lyon, l’annonce autant que je me souvienne, cherchait des conducteurs de métier qui aimaient voyager. Je me souviens de la personne qui m’a convoqué et qui m’a fait passer les tests psychotechniques. Puis je suis reparti vers mon logis en attente de réponses, soit de Nabucet, soit de Chantal Jayet.

Mon destin de routier fut que ma première convocation, fut celle de Chantal JAYET, qui me demandait de me rendre à Ville la Grand 74 au sein de la Société de Transport STOUFF. Mon devenir de routier prit la forme que je désirais, mais il y avait encore une étape à franchir, l’essai de conduite.

Richard qui était le chef de garage me demanda de trouver sur le parc le camion correspondant au numéro qu’il m’avait donné, ma surprise fut que c’était un camion remorque, je ne n’en n’avais jamais conduit. Et pour moi conduire un camion remorque était une véritable sinécure. J’ai informé Richard, qui je n’en n’avais jamais conduit, il m’a fait faire un essai sur camion-remorque, puis devant mon insistance il finit par me fait faire, un essai sur semi-remorque, et je fus embauché au sein des Transports Stouff.

Jean-Louis Delarue

4 Responses

  1. Merci Mr DELARUE pour vos récits et souvenirs qui me font rêver.

    Bellefroid Alain

  2. Passionnant j’attend avec impatience la suite cela me fais rêver

  3. Génial hate de lire la suite, en 1972 j’avais 6 ans certainement une belle epoque sur la route mais difficile

  4. Merci de votre sincérité, vous m’heriter de ma part toutes ma reconnaissance et ma sympathie

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