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Grève routiers : d’autres syndicats pourraient rejoindre FO Transports le 3 juin

Faute de réponse de la part d’Elisabeth Borne, la ministre des transports notamment sur la non-extension de l’accord du 4 octobre, FNTL FO/UNCP appelle l’ensemble des salariés des Transports et Activités Auxiliaires (marchandises, voyageurs, sanitaire, logistique, déménagement) à se mobiliser, à partir du dimanche 3 juin 2018, 22 heures. Le mouvement pourrait prendre la forme d’arrêts de travail jusqu’à des blocages, nous a précisé FO Transports. Les autres syndicats se décideront dans la journée à l’exception de la CFTC qui nous a annoncé qu’il ne participera pas au mouvement.

FO Transports ne digère pas la fin de non recevoir d’Elisabeth Borne, la ministre chargée des transports, à leur demande concernant la non extension de l’accord du 4 octobre qui est censé “sécuriser les salaires et les diverses primes dans la Convention Collective ainsi que l’intégration dans le Code des Transports, des frais de route et accords d’amplitude conventionnels.” A ce jour, aucun décret n’a été publié, ce qui exaspère le syndicat. “Nous n’avons reçu aucune réponse du cabinet de la ministre malgré une relance en début de semaine” nous a indiqué Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports, joint ce matin. “Pour rappel, cet accord a été signé par l’ensemble des organisations patronales, syndicales et directeurs de cabinet des ministres du travail et du transport. Cet accord a été déposé le 9 novembre dernier pour une extension rapide, 3 mois maximum” rappelle le syndicat.

Mais la non extension de l’accord du 4 octobre n’est pas la seule raison de l’appel à mobilisation du syndicat. “Le Paquet routier proposé par Bruxelles est dangereux pour nos salariés” prévient Patrice Clos, “le cabotage passe de 3 jours à 7 jours consécutifs. Les temps de repos journaliers et hebdomadaires sont diminués. Cela est inacceptable pour la FNTL FO Uncp. Même si Borne va dans notre sens, il y a des tractations à Bruxelles qui ne nous plaisent pas.” a-t-il ajouté.

Reste un dernier point : le permis à points. Le syndicat dénonce le non-respect de l’Etat de l’accord 1992. “La délation des employeurs rendue obligatoire et maintenant, la possibilité qui leur est donnée de vérifier en préfecture la validité du permis. Pour rappel, le permis à points est personnel et non professionnel. Les données ne peuvent donc être vérifiées que par un agent de l’Etat agréé.” tient à préciser FO Transports.

Reste à savoir si les autres syndicats vont rejoindre FO Transports dans le mouvement. La CGT et la CFDT donneront une réponse dans la journée mais n’excluent pas d’y participer sous forme d’intersyndicale ou autre. La CFTC de son côté préfère attendre la rentrée de septembre pour statuer sur un éventuel mouvement : “Pour l’heure, le cabinet d’Elisabeth Borne nous a donné la certitude que les points de l’accord du 4 octobre seraient intégrés à la loi Mobilité. Si rien ne sort en septembre, la CFTC regardera de plus près pour un possible mouvement” nous a déclaré Thierry Douine, président de la fédération générale CFTC Transports qui reste prudent sur un autre dossier épineux : le projet d’accord sur les classifications du transport routier de marchandises qui “impactera” obligatoirement les salaires” nous a-t-il confié.

En tout cas, la question principale est de savoir si Elisabeth Borne a les moyens de supporter deux mouvements en même temps : celui des cheminots et celui des routiers. Selon nos informations, la ministre des transports envisagerait rapidement de recevoir une délégation de chaque syndicat pour éteindre le début d’incendie.

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