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Hausse des carburants : voici ce que le gouvernement pourrait annoncer au TRM

Les fédérations du transport routier, l’OTRE, la FNTR et TLF, sont ressorties déçues vendredi de la réunion avec le ministère des transports. Elles ont appris que, dans le cadre du Plan de résilience annoncé à la fin de la semaine prochaine, aucune aide financière ne serait apportée aux entreprises de transport confrontées à l’explosion des prix des carburants. Mais reste à savoir si les mesures présentées par le ministère seront retenues par le gouvernement. Voici le détail de ces mesures. La grogne gagne du terrain, les transporteurs n’excluant plus des actions.

Reçues non pas par Jean-Baptiste Djebbari mais par son directeur de cabinet, Stéphane Daguin, les organisations patronales « ont rappelé d’une même voix la gravité de la situation et l’urgence d’obtenir des mesures fortes d’aides aux entreprises du secteur inclues dans le nouveau plan de résilience. » Elles ont de nouveau rappelé le rôle stratégique de leurs entreprises pour l’économie du pays : « sans nos véhicules, la chaîne logistique s’arrête, sans nos véhicules, plus de transport collectif du quotidien (transport scolaire, transport des salariés pour se rendre au travail), sans nos véhicules, la chaine de santé est grandement fragilisée. »

Parmi les mesures, le ministère garantirait « qu’il n’y aurait pas de pénurie de carburant », même s’il reconnait des difficultés dans la chaine de distribution, selon les fédérations. En revanche, sur les tarifs des carburants, il a affirmé que « le prix du gasoil allait très prochainement baisser et qu’il considérait qu’une stabilisation du prix du gasoil interviendrait dans les prochains jours. » Ce qui a mis les fédérations en colère. Le gouvernement ne proposant aucun centime pour aider les entreprises de transport.

Concernant les aides à la répercussion, le ministre a demandé au CNR la tenue des indices à la quinzaine « afin de permettre une prise en compte plus rapide des fluctuations et permettre ainsi aux entreprises une meilleur répercussion. Pour les activités conventionnées, le ministre s’engage à adresser un courrier aux AOM « pour les inciter à mettre en œuvre des révisions intermédiaires, idéalement mensuelles, quand bien même les contrats signés ne le prévoient pas. »

Des mesures en faveur de la trésorerie seraient aussi annoncées dans le Plan de résilience, comme la possibilité d’un remboursement mensuel de la TICPE pour les entreprises volontaires et un éventuel moratoire, donc un report, des charges sociales et fiscales.

Mais là encore, il s’agit de propositions de mesures du ministre des transports au premier ministre qui arbitrera au final. Rien ne dit que ces mesures « décevantes » pour les fédérations TRM soient retenues. Ou alors des mesures propres à Matignon et plus favorables au secteur seraient proposées ?

Les fédés ne décolèrent pas

« Les organisations professionnelles ont immédiatement exprimé leur très vive déception et leur colère face à ces propositions, qui n’apportent aucune solution d’aides immédiates et fortes aux entreprises, et qui ne prennent pas en compte la gravité de la situation. Ces mesures ne coûtent pas le moindre euro, elles ne constituent nullement des mesures répondant à un plan de résilience » nous a déclaré Jean-Marc Rivéra, délégué Général de l’OTRE qui demande des mesures concrètes comme une éxonération des charges fiscales et sociales et non pas un report ou encore une baisse de la fiscalité du carburant avec u remboursement de la TICPE sur la base du taux plancher européen.

« Nous avons rappelé que la Commission Européenne venait de donner son feu vert aux Etats Membres de l’UE pour accorder de nouvelles aides du 1ᵉʳ mars 2022 au 31 décembre 2022. Le montant de ces aides ne devra pas dépasser 30 % du surcoût de l’entreprise et ne devra pas excéder 2 millions d’euros. Elle pourra prendre la forme de subventions directes, d’avantages fiscaux ou encore de garanties ou de prêts » a précisé Jean-Marc Rivéra.

La grogne gagne du terrain

Le ton monte en régions, le gouvernement doit faire vite. Les réunions entre transporteurs se multiplient partout dans le pays. Si, pour l’instant, l’heure est à l’échange d’idées et de points de vue, il n’est pas exclu que des actions aient lieu en début de semaine, tous les chefs d’entreprise étant désespérés. Et, malheureusement, les mesures envisagées par le gouvernement pour le transport routier (s’il retient les mesures du ministère des transports) risquent bel et bien de jeter de l’huile sur le feu. A moins qu’il apporte des aides plus concrètes. Une nouvelle réunion avec les fédérations est prévue lundi.

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