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Indicateur production-FFC : les indices de prix des carrosseries remorques semi-remorques s’envolent

Plusieurs constructeurs, et non des moindres, ont évoqué l’évolution dramatique des délais de livraisons et de prix des matières premières au cours du premier semestre 2022. Les risques de litiges et tensions commerciales étant réels, la FFC a décidé de publier (avec l’INSEE) ses indices de prix de production sur les véhicules et les matières premières.

Les premiers tableaux, arrêtés au mois de mai 2022 sont, en effet, préoccupants. On pourrait également souhaiter une publication sur les indices de prix des énergies, en particulier le gaz et l’électricité ; deux énergies très utilisées dans la carrosserie ou la métallurgie. On constate que la production manufacturière suit peu ou prou l’évolution de la consommation des ménages, en particulier au gré des déconfinements liés aux épisodes Covid-19.

Plus spécifiques à la FFC, les indices de prix des carrosseries remorques semi-remorques arrêtés au mois d’avril 2022 (base 100 en octobre 2015) : on passe ainsi de l’indice 105,3 en octobre 2019 à 111,9 en octobre 2021. Le phénomène s’accélère et l’indice est à 118,9 en avril 2022 ! Il suit assez « fidèlement » l’évolution de l’inflation générale.

Source : FFC

On note en particulier que les carrossiers-constructeurs ont « absorbé » la hausse des matières premières par un découplage entre les prix de vente et celui des matières premières. Ceci pourrait s’expliquer de plusieurs manières : un strict contrôle des coûts de main d’oeuvre, des contrats cadres avec des fournisseurs différant l’effet des hausses, l’éventualité de stocks sur certains matériaux et composants, mais aussi des prix de vente au plus juste afin de limiter l’effet de celles-ci. Ce qui revient à dire que les carrossiers-constructeurs ont, sur leur trésorerie, atténué la flambée des composants entrant dans leurs fabrications. Ce qui peut être préoccupant pour leur pérennité. Le terme de flambée n’est pas exagéré.

Pour l’acier, la rupture se fait en novembre 2020. Partant d’une base 100 en octobre 2015, on passe de la cote 108,8 en octobre 2019 à 149 en octobre 2021 puis à 182,6 en avril 2022 ! L’aluminium fluctue davantage dans un mouvement de yo-yo : de la base 100 en octobre 2015 on passe à 93,6 en octobre 2019, 124,2 en octobre 2021 (la remontée des cours se faisant très précisément en octobre 2020) pour atteindre les 163,2 en avril 2022.

L’évolution du cuivre est encore plus préoccupante car ce métal sert à de nombreux alliages en mécanique, et est indispensable dans la perspective du basculement vers l’électro-mobilité (les bobinages et câblages des moteurs électriques ont massivement recours à ce métal). C’est probablement celui où l’envolée des prix sera la plus durable en raison des limites quant à l’extraction du minerai.

Le cuivre pourrait bien connaître à moyen terme une évolution similaire à celle du pétrole en raison de son caractère stratégique. Une chute s’est faite entre novembre et décembre 2019, le ramenant en-deçà de la base 100 d’octobre 2015. Puis on passe à 103 en octobre 2019 ; à 148 en octobre 2021 et enfin 167,8 en avril 2022.

Pour les cartes électroniques, toujours d’une base 100 en octobre 2015, on arrive à 98,9 en octobre 2019 , 99 en octobre 2021 puis à 100,8 en avril 2022. L’évolution semble moins spectaculaire mais elle est en trompe l’oeuil. En effet, selon certains équipementiers spécialisés rencontrés lors du salon EuMo Expo en juin 2022, elle ne tient pas compte de la spéculation de certains acteurs qui ont capté certaines commandes pour stocker et revendre au plus offrant.

Les indices de prix de production de l’industrie française dans les catégories carrosseries automobiles, remorques et semi-remorques sont largement diffusés ce mois-ci, et seront par la suite réservés à aux seuls adhérents de la FFC.

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