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La pénurie d’Adblue fait-elle craindre une paralysie des camions ?

Un arrêt de la production d’AdBlue stopperait-il tout net les poids lourds comme le prétend l’Allemagne ? La forte hausse des prix du gaz, conséquence de la guerre en Ukraine, a rendu la synthèse d’AdBlue très coûteuse. Le prix oscille entre 1,10 € et 1,20 € le litre. L’un des principaux fabricants, SKW, a décidé de cesser d’en produire.

Contrairement à ce qu’avance le gouvernement allemand, l’AdBlue n’est pas un « produit obligatoire aux véhicules poids lourds à moteur diesel, afin de les rendre moins polluants ». Mais s’il n’est pas « obligatoire » stricto-sensu, il est indispensable pour le fonctionnment de la catalyse SCR (réduction catalytique sélective) des moteurs Diesel depuis le passage à la norme Euro IV. Sans AdBlue, la catalyse est inopérante et les normes d’émissions (en particulier celles relatives aux oxydes d’azote) ne peuvent être respectées. Pour les moteurs de véhicules industriels postérieurs à la norme Euro VI-c, cela peut aller jusqu’au bridage des moteurs en cas de défaut d’AdBlue.

Ce qui est vrai en revanche est que les derniers modèles de camions roulant en Euro 6 ne peuvent pas démarrer sans AdBlue. Cet additif composé à 32,5 % d’urée et 67,5 % d’eau déminéralisée permet de réduire les émissions de d’oxyde d’azote (Nox) grâce à un dispositif qui équipe les moteurs diesel de la norme Euro 6.

Précisons enfin que les deux premiers pays producteurs d’ammoniac dans le monde sont la Chine et la Russie, l’Ukraine en produit mais en plus petite quantité. Les sanctions économiques (et de transport) n’arrangent guère les approvisionnements pour en produire.

Le gouvernement a déclaré hier « surveiller » la situation d’approvisionnement de cette solution essentielle, dont « le manque pourrait mettre en danger le transport routier dans le pays ».

L’un des principaux producteurs allemands, SKW (40% du marché national) a ainsi dû arrêter il y a 15 jours sa production « à cause de la hausse des prix ». « Nous ne pouvons pas remplacer » le gaz, a expliqué le porte-parole de SKW, où les réserves sont désormais « vides » alors que le secteur logistique consomme chaque jour 2,5 millions de litres d’AdBlue. L’urée est également à la base de nombreux procédés de l’industrie chimique.

Les autorités allemandes nuancent leurs propos cependant en précisant : « nous n’avons pas encore identifié de situation de pénurie réelle mais sommes préparés et prendrons des mesures pour assurer que ce produit important reste disponible », a expliqué le porte-parole du gouvernement, rappelant les aides publiques disponibles pour les entreprises en difficulté en raison de la flambée des prix.

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