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La stabilité du marché VUL ébranlée par la pénurie de composants électroniques

Traditionnellement important en France, en large partie grâce à l’expertise des constructeurs domestiques, le marché du VUL se caractérise aussi par sa robustesse. Il est considéré comme un reflet de la confiance des entreprises et ses variations se révèlent souvent corrélées aux indicateurs macro-économiques. Au cours des dix dernières années, ce marché s’est révélé stable, enregistrant une progression régulière de 2013 à 2019.

Les chiffres qui viennent d’être publiés pour les 10 premiers mois 2022 pour les véhicules utilitaires légers neufs (moins de 5,1 tonnes) soit 285 752 immatriculations représentent une baisse de 21,10% par rapport à l’année précédente. La crise du Covid est naturellement passée par là avec un gros coup d’arrêt en 2020, mais le marché s’est bien redressé en 2021, sans atteindre pour autant ses résultats d’avant crise.

Le véritable choc intervient cette année, car la pénurie des composants électroniques frappe aussi le marché des utilitaires dont le niveau d’équipements a fortement progressé ces dernières années. Les problèmes rencontrés sont les mêmes que pour les voitures particulières avec un allongement des délais de livraison. Mais le véhicule utilitaire est un outil de travail et il est difficile de faire accepter une attente de 6 mois avant d’être livré. Dans certains cas de figure, les constructeurs ont dû se résoudre à livrer des véhicules semi-finis, où la console centrale venait à manquer par exemple. Une extrémité qui vient souligner la tension de ce segment de marché.

Les groupes français représentent plus de 60% du marché

Les marques françaises dominent le marché des utilitaires légers et elles sont également  exportatrices et puissantes sur plusieurs marchés européens. La répartition des parts de marché est très stable au cours des dix dernières années. Le groupe Renault représente presque un tiers du marché essentiellement avec la marque Renault (29,5%), mais subit une légère érosion depuis 2019. De son côté, Stellantis représente 38,4% de parts de marché avec 4 marques référencées (Citroën, Peugeot, Fiat, Opel). Les futures synergies au sein du groupe favoriseront certainement un effet d’échelle avec Fiat, mais aussi Iveco, même si la marque a été placée sous le pavillon d’Exor. Le dernier quart du marché français des VUL revient aux marques étrangères depuis longtemps dans le paysage hexagonal avec Ford, Volkswagen Utilitaires, Mercedes-Benz Vans, MAN et Toyota qui construit certains de ses modèles en France en coopération avec Stellantis.

Transition énergétique, des questions se posent

Lorsqu’on parle utilitaires légers, le diesel reste un roi sans partage, dépassant encore aujourd’hui 80 % de pénétration. Certes, il décline légèrement depuis 2019 où il pesait encore plus de 90 % dans le mix énergétique. Ce fléchissement s’opère au profit de l’essence et de l’électrique, mais encore à la marge. À l’examen des parts de marché des VUL 100 % électriques, force est de constater que ces versions ne correspondent pas à la demande. En cause, l’autonomie limitée, le temps de charge (encore problématique par rapport au planning d’une journée de travail), et des capacités de charge (en volume et en poids) des véhicules revues à la baisse.

Reste à savoir si le déploiement des ZFE dans l’ensemble des grandes agglomérations permettra le développement d’autres énergies que le gazole. La question reste ouverte et attend des réponses, en fonction des aides publiques qui sont demandées par les professionnels. Les multiples initiatives et expérimentations sur la livraison du dernier km en attestent. Les prochaines années s’annoncent décisives, surtout que le sujet est politiquement sensible.

Le Renault Master le plus vendu en France

Parts de marché, des best-sellers bien installés

Pour les 10 premiers mois 2022, les cinq premières places des immatriculations sont détenues par des modèles français, dans l’ordre Renault Master (22 647), Renault Trafic (20 295)  Peugeot Expert (15 852), Citroën Berlingo (13 263), Peugeot Partner (12 978). Le premier importé est toujours le Fiat Ducato (11 460) suivi du Ford Transit Custom (9 994). Sur les tableaux fournis par la PFA, pas toujours simples à déchiffrer, il faudrait aussi ajouter les versions précédentes immatriculées en 2022. Ainsi, il y a 18 971 Renault Kangoo et Express immatriculés durant cette période.

Jean-Yves Kerbrat
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