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Le Marché de Rungis développe un ambitieux projet multimodal

Après la relance du train des primeurs entre Perpignan et le MIN, la Semmaris lance un appel d’offres européen à 25 millions d’euros pour créer une vaste plateforme multimodale rail-route d’ici 2024.

Le Marché International de Rungis, d’une superficie de 234 hectares aux portes de Paris, se présente comme le plus important marché de gros du Monde. L’aspect logistique est indispensable pour ravitailler les 1200 entreprises implantées pour la plupart des grossistes en produits alimentaires en provenance de France, d’Europe et du Monde. Chaque année, ce sont plus de 2,8 millions de tonnes de produits commercialisées pour un chiffre d’affaires total de 9,4 milliards d’euros.

Dès l’ouverture du marché de gros qui remplaçait les halles de Paris en 1965, une voie ferroviaire était disponible, mais elle n’avait pas beaucoup servi compte tenu de la prédominance des livraisons par camions. Alors la Semmaris, organisme gestionnaire, avait favorisé la création d’une première ligne régulière de fret depuis Perpignan. Elle fut arrêtée, puis reprise en 2021.

Les poids-lourds sont les rois du MIN de Rungis. © J.Y.Kerbrat

Selon la Semmaris, la reprise de cette ligne constituait une étape de plus vers la mise en place d’une logistique décarbonée complète. Une consultation est donc lancée pour développer un terminal de transport combiné à horizon 2024. Ce nouveau terminal permettra de porter à 20% la part du ferroviaire dans les approvisionnements du Marché de Rungis et d’éviter près de 60 000 camions par an sur les routes. A l’avenir, le Marché de Rungis va continuer le travail entrepris avec les différents acteurs pour favoriser l’accroissement du nombre de liaisons ferroviaires au départ et en provenance de Rungis. Car il faut se souvenir que pour qu’une liaison ferroviaire soit rentable, les trains doivent être complets à l’aller comme au retour …

Une activité frénétique de jour comme de nuit. © J.Y.Kerbrat

Aujourd’hui, le système en place ne permet pas un développement optimum comme le précise Benoît Juster, Directeur exécutif de Semmaris Rungis « Ce système est adapté à de petites quantités de marchandises. Mais le temps de manutention est important. Si l’on veut transporter de grandes quantités de produits par le rail, il faut opter pour le transport combiné, comme sur les plateformes de Valenton-Bonneuil. Un conteneur, ou une remorque, sera chargé sur un wagon. Arrivés en gare, ils seront déchargés par une grue puis mis sur un camion. Le futur terminal irriguera le MIN mais sera également au service de l’économie de tout le territoire »

Benoît Juster, Directeur exécutif de Semmaris Rungis. © J.Y.Kerbrat

L’appel d’offre européen, lancé lundi 10 janvier, s’élève à 25 millions d’euros pour la création d’une plateforme multimodale rail-route qui pourrait être opérationnelle en 2024 ou 2025. Pour l’installation, un site de 13 hectares a été délimité. Le concessionnaire retenu devra développer une plateforme multimodale à partir de la gare de fret existante, la construire puis l’exploiter. Cela signifie construire des routes, des zones de chargement et déchargement, installer les grues de manutention, aménager des accès pour les camions, augmenter les faisceaux de voies ferroviaires.

Le concessionnaire retenu pourra exploiter le site pour un minimum de douze années, jusqu’à 28 ans maximum. De nombreux opérateurs, français comme européens, devraient être intéressés. Le lauréat devrait être choisi dans le courant de l’année 2022.

Jean-Yves Kerbrat
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