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Les attestations de conducteurs routiers non européens explosent

Selon les dernières données d’Eurostat, le nombre d’attestations de conducteurs routiers de pays tiers explose, en particulier en Pologne et en Lituanie. Cette réglementation européenne avait pour but d’encadrer le recours à de la main d’œuvre de pays hors UE pour éviter la concurrence déloyale. Mais les syndicats tirent la sonnette d’alarme et parlent de « nouveaux esclaves » pour répondre à la pénurie de conducteurs.

Pour pallier le manque de conducteurs, selon la nouvelle réglementation européenne, un transporteur peut demander aux autorités compétentes de son pays d’établissement d’engager un conducteur d’un pays tiers (non européen) via la délivrance d’une attestation de conducteur.

Les chiffres explosent. Selon Eurostat, de 2012 à 2021, nous sommes passés de 44 316 à 277 159 attestations, avec une moyenne d’augmentation de 20% par an (dont 132 265 en Pologne et 81 928 en Lituanie). Ces deux pays, à eux seuls, représentent 77% de toutes les attestations délivrées dans les 27 pays européens.

Cette réglementation européenne avait pour but d’encadrer le recours à de la main d’œuvre de pays hors UE pour éviter la concurrence déloyale, les conditions de travail précaires et la mise en péril de la sécurité routière. « Mais l’on constate que l’esprit de la législation est contournée, la moitié des conducteurs n’ont jamais travaillé dans le pays de l’entreprise qui les a engagés mais sont payés aux conditions de ces pays » précise Roberto Parrillo, responsable général secteur Transport routier et Logistique CSC-Transcom et président secteur Transport routier ETF (Fédération Européenne des Travailleurs du Transport).

« Il y a une stratégie délibérée de certains groupes d’engager des conducteurs de pays tiers pour maintenir les salaires au plus bas et ainsi rafler tous les marchés. C’est un échec cuisant pour la concurrence légale, cela favorise le dumping social et cela met en péril la sécurité routière. Tout cela au détriment des entreprises qui recouvrent uniquement à des conducteurs employés légalement. »

Selon le syndicat, la Commissaire européenne aux transports, Adina Valean, se serait même réjouie du nombre de conducteurs des pays tiers et « ne se pose pas de questions quant à leur exploitation et leur concentration dans deux pays de l’Union ».

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