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Les Etats-Unis préparent leurs normes d’émissions Poids lourd

L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA ou U.S Environmental Protection Agency) a publié lundi ses objectifs pour les futures normes d’émissions des véhicules industriels. Elles se présentent sous la forme de trois variantes, l’option de base, et les options 1 et 2 devant entrer en application pour l’année modèle 2027 ou 2031 en fonction des types de motorisations et des applications concernées.

Premier enseignement, l’EPA est moins radicale en apparence que l’Europe puisqu’elle part du principe que les moteurs à combustion interne seront toujours là pour les véhicules industriels lourds (les fameux Classe 8). Ce plan vise les émissions polluantes, principalement les oxydes d’azote avec des réductions significatives de -47% à -61% d’ici à 2045 suivant les options retenues. C’est la première révision des seuils relatifs aux NOx depuis 2001. A l’image du programme européen Vecto, des objectifs ciblés de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont prévus pour 2030 sur les grands-routiers Classe 8.

Dès l’année-modèle 2027, les autobus, autocars scolaires et camions de livraison urbaine devront répondre à des objectifs plus ambitieux en terme de réduction des émissions de gaz à effet des serre. Cela passera, forcément, par une électrification plus intensive sur ces typologies de véhicules. Afin de s’assurer de l’efficience de systèmes de dépollution, l’EPA propose un double dispositif : l’extension de garantie pour les composants liés à ces fonctions qui voient également les exigences de durabilité et de performances étendues (jusqu’à 15 ans pour les moteurs Diesel dédiés aux applications légères ou de distribution ; jusqu’à 800 000 miles (!) pour les Diesel des Classe 8 dans le cas de l’option 1). La garantie légale obligatoire sur ces équipements de dépollution couvrirait à-minima 80% du potentiel opérationnel.

En parallèle, elle prévoit la déchéance de garantie pour tout montage mécanique ou logiciel destiné à inhiber les équipements de post-traitement (souvent vendus comme logiciels ou accessoires “améliorant” les performances et réduisant les consommations). Comme pour les normes Euro VI, le système d’auto-diagnostic embarqué OBD est à la base du suivi de ces performances.

L’agence conclut en évoquant les bénéfices attendus sur la santé et les fameuses “externalités positives” (si subjectives) avec des chiffres de nature à frapper les esprits : au choix 2 100 morts prématurées ou 3 100 000 cas d’asthmes et rhinites allergiques en moins. Ces “externalités positives”, chiffrées par l’EPA à 220 milliards dollars doivent faire relativiser aux yeux des industriels les coûts, évalués par la même agence entre 19 et 31 millions de dollars pour les constructeurs et motoristes. Elle s’attend à un rebord des ventes des camions de Classe 8 de l’ordre de 2% avant 2031 puis à un tassement consécutif à ces achats anticipés. Il ne s’agit que de bases de discussions posées par l’EPA et son Administrateur, monsieur Regan.

Une phase de discussions avec les différentes parties prenantes (industriels, Etats membres, associations) va suivre ces annonces prochainement. En parallèle, et afin de relayer les initiatives de l’EPA, le ministère des transports américain (DOT ou US Departement of Transportation) apportera 1.5 milliard de dollars en soutien à l’investissement pour des autocars électriques à batteries et 2.2 milliards de dollars en faveur des autorités organisatrices de transports publics réparties sur 18 Etats de l’union.

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