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Les ministres UE des transports font des infrastructures de recharges une priorité

Lors d’une réunion informelle lundi et mardi au Bourget, sous la présidence française, les ministres européens des transports ont échangé sur les leviers mobilisables pour décarboner le transport routier. Un texte sur les infrastructures de recharges est en discussion. Ils ont évoqué aussi le report modal, l’innovation mais aussi les pistes pour améliorer les conditions de travail pour développer l’attractivité des métiers du secteur. Ils ont rappelé en outre la nécessité d’un salaire minimum européen pour le transport.

« L’action des pouvoirs publics est d’accélérer le déploiement des infrastructures de recharges des carburants alternatifs et de favoriser le développement de l’électrique et de l’hydrogène pour l’ensemble des modes de transport légers et lourds » a déclaré Jean-Baptiste Djebbari lors de la conférence de presse qui a clôturé ces deux journées. « Il y a eu une convergence de vue sur les objectifs ambitieux pour de déploiement des véhicules avec des adaptations aux spécificités nationales et territoriales. »

Adina-Ioana Vălean, commissaire européenne aux transports

Cette réunion s’est déroulée en présence de la commissaire européenne aux transports, Adina-Ioana Vălean qui a une position ambigüe puisque son pays, la Roumanie, conteste le Paquet mobilité voté l’été dernier par Bruxelles, le considérant comme « discriminatoire ». « Il y a deux dispositions qui se réfèrent au retour des camions et aux restrictions de transport combiné qui sont nuisibles en terme environnemental. Elles vont à l’encontre de nos politiques ». Elle a confirmé que « des plaintes de plusieurs pays contre la Paquet Mobilité avaient été déposées auprès de la cour européenne de justice. » Son pays, la Roumanie, en fait partie. « Il y aura certainement un jugement d’ici la fin de l’année, peut-être en début d’année prochaine. »

« Il existe des avions fantômes, ce serait dommage de créer des camions fantômes en Europe. Vu la pénurie de chauffeurs qui a un impact sur nos économies, il n’y aucune utilité à employer un chauffeur pour ramener un camion vide alors que nous pourrions en faire quelque chose de plus utile, à savoir transporter quelque chose. » Adina-Ioana Vălean a précisé qu’elle ne s’exprimait pas au nom du conseil. Le Paquet mobilité oblige les entreprises à organiser les horaires de leurs conducteurs de façon à ce qu’ils puissent rentrer chez eux à intervalles réguliers (toutes les trois ou quatre semaines selon l’horaire de travail).

Décarboner le transport routier

« Le déploiement des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques à batterie et d’avitaillement pour les véhicules à hydrogène constitue un enjeu majeur face à l’échéance de fin de vente des véhicules thermiques neufs » ont indiqué les ministres.

Ils ont aussi abordé les mesures aux niveaux national et européen, pour développer le report modal. Ils ont examiné en particulier les conditions à réunir pour finaliser la réalisation du réseau transeuropéen de transport dans les délais fixés. Adoptée en janvier 2021, la stratégie européenne pour une mobilité intelligente et durable prévoit le doublement du fret ferroviaire et le triplement de l’activité ferroviaire à grande vitesse d’ici à 2050. « La réalisation du réseau transeuropéen de transport constitue l’ossature du report modal du routier vers le ferroviaire, pour les passagers comme pour les marchandises » a indiqué le ministre Djebbari.

Jean-Baptiste Djebbari, ministre français des transports

Innover pour atteindre les objectifs CO2

« L’innovation est au cœur des grandes mutations que connaissent actuellement beaucoup de secteurs et singulièrement celui des transports avec le véhicule électrique et hydrogène, avec la décarbonation de l’aviation pour développer des carburants alternatifs au kérosène et la digitalisation sous toutes ses formes. Elle intéresse le secteur du transport de marchandises avec le développement du fret ferroviaire qui doit toujours capter toujours plus de marchandises qui passe essentiellement en Europe par la route. Plusieurs propositions ont été faites à la commission » a indiqué Jean-Baptiste Djebbari. Les ministres ont échangé « sur les dispositions règlementaires nécessaires pour encourager ces innovations et sur les mesures à prendre pour faciliter le déploiement à grande échelle de systèmes de transports intelligents, s’appuyant notamment sur les véhicules automatisés et connectés ».

Le volet social et l’attractivité des métiers

Les ministres ont abordé aussi la régulation sociale du secteur des transports rappelant « les bienfaits de la libéralisation des transports mais en pointant aussi certaines difficultés que connait le secteur depuis de nombreuses années » a précisé le ministre français des transports. « Nous avons pu rappeler un constat connu d’un certain nombre de pratiques litigieuses. Nous avons regardé comment y apporter les solutions les plus pertinentes et plus rapides et comment voir d’une manière générale dans le contexte post-Covid et post-Brexit et comment nous sommes en mesure de rétablir une scène concurrente dans le secteur des transports. »  L’idée est de doter les travailleurs du transport de nouveaux droits comme le salaire minimum européen, selon les ministres européens présents.

Les ministres se sont attardés aux moyens d’améliorer les conditions sociales du secteur des transports maritime et aérien pour attirer les jeunes générations vers ses métiers en préservant sa compétitivité. Mais rien du transport routier de marchandises totalement oublié ! « Le secteur des transports est confronté en Europe à un déficit de main d’œuvre. Il souffre aussi de l’absence de règles harmonisées dans l’Union européenne, qui aboutissent par exemple à un manque de protection sociale dans le secteur aérien » ont déclaré les ministres. « Dans le transport maritime, le choix du pavillon des navires a un impact direct sur les conditions sociales et de travail des marins. La question de l’amélioration des conditions de travail des salariés européens se pose dans un marché soumis à une forte concurrence internationale » ont-ils ajouté.

La réunion formelle du conseil des Transports, sous présidence française, est prévue le 2 juin. Tous ces sujets y seront abordés.

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