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Les travaux électriques de MAN Trucks & Bus

Le constructeur Allemand MAN communique abondamment sur ses travaux autour de l’électro-mobilité. Outre les sujets autour de la seconde vie et, ultérieurement, du recyclage des batteries, il travaille (avec différents instituts Allemands) autour de la charge rapide à ultra-haute puissance.

MAN Trucks & Bus, pris comme ses confrères et concurrents, dans la course à l’électromobilité imposée par l’Europe communique sur ses études et recherches en la matière. Le dernier communiqué en date concerne le projet de recherche NEFTON. Il associe, depuis 2021, le Ministère fédéral Allemand de l’économie et du climat, le spécialiste Autrichien de la mesure et des motorisations AVL, PEA un équipementier en électronique, l’Université de Munich, l’Institut universitaire de technologie de Deggendorf, l’Institut de recherche sur l’économie de l’énergie. L’Institut Fraunhofer est impliqué pour la partie banc d’essai. L’objectif est de réaliser un démonstrateur, sur base de MAN eTruck, pouvant exploiter la charge ultra-rapide en mégawatt ! Le programme NEFTON envisage des chargeurs de 1 à 3 mégawatt et jusqu’à 3000 Ampères. On entrevoit les problèmes de refroidissement qui vont se poser à de telles puissances et intensités, tant pour les batteries que pour les liaisons entre la borne de charge et le véhicule. L’Allemagne appelle cela, charge MCS (Megawatt Charging System). Pour situer les échelles, rappelons que une « tranche » de centrale nucléaire française oscille entre 900 et 1200 mégawatt.

MAN est concerné pour la partie véhicule bien sûr, mais le programme NEFTON vise à étudier toute la chaîne : l’infrastructure électrique et sa sécurité, l’approvisionnement, le coût économique, l’efficience environnementale, le tout dans une vision compatible avec l’exploitation de camions grand-routiers. L’objectif est d’atteindre avec ces puissances une recharge d’un camion lourd à batteries en 15 minutes.

La question, toujours ouverte, du recyclage

Comme nombre de constructeurs (Renault Trucks et Volvo Trucks en tête) MAN Trucks & Bus insiste sur la seconde vie des batteries, une façon d’éviter les questions qui fâchent et de gagner du temps -au sens propre et figuré-. Reste l’épineuse question du recyclage. MAN évoque des volumes significatifs de batteries à recycler d’ici 10 à 15 ans (soit autour de 2032/2037). Dans ses réflexions, le groupe souhaite optimiser la vie de la batterie dès sa première application (dans le véhicule) afin d’en diminuer le stress et d’en optimiser le potentiel. La réparation ou remplacement de la cellule ou du module est aussi un sujet pour l’après-vente et le coût d’utilisation. Après seulement, viendrait la seconde vie, potentiellement en usage stationnaire pour le stockage d’énergie (MAN déclare ici travailler avec l’Université de Kassel).

Puis, enfin, l’étape cruciale du recyclage. L’objectif est ici, idéalement, de pouvoir réutiliser nickel, manganese, cobalt ou lithium dans de nouvelles batteries. A ce jour, MAN et le groupe Volkswagen envisagent un recyclage associant broyage (sous atmosphère inerte) puis traitement hydro-métallurgique. Trois questions demeurent ici en suspens : est-ce que cela permettra d’atteindre les niveaux de pureté requis pour la production de nouvelles batteries ? Quid de l’impact environnemental de ces traitements ? En effet, l’hydrométallurgie a recours à lixiviation sous acide (peroxyde d’hydrogène, acide sulfurique, à température supérieures à +80c°). Le tri chimique des éléments exige également le recours à des acides (le dialkyl d’acide phosphorique Cyanex 272 , Di-éthyle d’acide phosphorique) ou à des procédés d’électro-déposition ou de précipitation. Troisième question : le bilan énergétique du recyclage. Sur ce sujet du recyclage, les constructeurs et fournisseurs de batteries de traction, ou la très zélée organisation Transport&Environnement sise à Bruxelles, ne disent rien.

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