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Les utilitaires légers en grande forme

L’observatoire du Véhicule Industriel (OVI) vient de publier les chiffres du marché français des véhicules industriels et des utilitaires légers auxquels nous nous intéressons ici.

Le recul de 2020 a été limité pour les VUL (-16 % à 403 393 immatriculations) et la reprise est  modérée en 2021 mais l’année se termine à 43 7201 immatriculations (+8,4%) après une cadence élevée du premier semestre (+38 % à fin juin) laissait augurer d’une nouvelle année record. Mais cela n’a pas été le cas à cause de la crise constatée dans les circuits d’approvisionnements. Chacun a entendu parler d’un manque inquiétant de semi-conducteurs indispensables au fonctionnement des véhicules, quel que soit leurs catégories. Toutefois, cette situation ne remet pas en cause les fondamentaux et le fort potentiel de ce marché, qui doit maintenant se concentrer sur son offre de nouvelles énergies encore très faible en 2021, de l’ordre de 2 à 3 % des immatriculations.

Les ventes des utilitaires d’une année à l’autre

Comme pour les VI, l’année 2021 est l’année du rattra­page après l’arrêt dû à la crise du Covid-19. Les carnets de commandes ont progressé sur l’année de 19 % (ils avaient déjà progressé en juin de 42 %) chez les conces­sionnaires et a concerné 80 % d’entre eux. Les prix ont également augmenté, en moyenne de 6 %, alors qu’en juin, la progression n’était que de 2 %. Les délais de livraison restent élevés chez les constructeurs à 188 jours, en hausse pour 80 % des concessionnaires, alors que les carrossiers ont réussi à les baisser à 74 jours (92 jours en juin) avec de grandes disparités : pour 40 %, ils restent supérieurs à 100 jours, alors que pour 60 %, ils varient entre 30 et 60 jours.

Jean-Michel Mercier, directeur OVI

Et l’année 2022, comment se présente-elle ? Jean-Michel Mercier, directeur de l’Observatoire du Véhicules Industriels nous donne son avis « Entre la reprise de la pandémie et les problèmes d’approvisionnement en semi-conducteurs et pièces diverses, il est difficile de se prononcer. Le marché est revenu à un excellent niveau en 2021 et il sera sans doute difficile de l’égaler. Tout dépendra aussi de l’activité dans les différents secteurs concernés par les utilisateurs comme le BTP et la distribution, fourgon et frigorifique. Il est vrai que de nombreuses entreprises ont actuellement la trésorerie pour envisager des acquisitions. Faut-il ensuite que les constructeurs aient la possibilité de livrer dans des délais corrects. Ce n’est pas certains. Il y aura alors un écart entre les prises de commande et les immatriculations. »

Les modèles les plus vendus en 2021

Le décor est installé, mais comment s’est passé l’année pour les constructeurs. Très bien pour les Français, à commencer par Renault qui place trois modèles sur les trois marches du podium. Si le Master III et le Kangoo II étaient déjà là en 2020, le Trafic gagne deux places en un an. La marque au Losange truste les premières places, mais perd un modèle, avec la sortie du Top 10 de la Clio V en version utilitaire. Stellantis, avec six modèles, accroit sa dynamique sur le segment VUL, contre cinq véhicules en 2020. Les constructeurs français poursuivent leur domination avec neuf modèles présents aux 10 premiers rangs. Iveco « sauve les meubles » avec son Daily et demeure encore en 2021 l’unique représentant des constructeurs étrangers.

Peugeot et les autres marques de Stellantis grimpent dans le classement

L’évolution énergétique est un sujet sensible et les évolutions sont sensibles pour les véhicules dédiés aux flottes d’entreprises. Ainsi, le Diesel enregistre une dégringolade de 10,9 points en un an. Cette motorisation termine l’année 2021 avec une part de marché de 56,64 %, grâce aux utilitaires. De son côté, l’essence termine l’année sur une part de marché de 19,84 % pour les VP et les VUL immatriculés par les entreprises. Soit 1,3 point de plus par rapport à la fin 2020. Le 100% électrique a franchi au dernier trimestre 2021 le cap des 5 % (5,32 % exactement) de part de marché en entreprise. Soit une hausse 1,38 point par rapport à 2020.

L’énergie électrique gagne (lentement) des parts de marché

Les véhicules utilitaires carrossés remportent du succès. Ils repré­sentent 13 % du marché VUL global en compensant les pertes de 20% constatées en 2020. La progression quasi similaire (+19 %), permet d’afficher 56 662 immatricula­tions. Depuis vingt ans, seule l’année 2019 affiche un meilleur score avec 58 977 unités. Les bennes, 39% du total, sont à leur meilleur niveau depuis vingt ans avec 22 000 unités. Puis viennent les plateaux, complétés par les pick-up qui pèsent 33 % du marché des utilitaires carrossés avec 18 506 immatriculations. Les véhicules frigorifiques (13 % des immatriculations de VUL carrossés) ont presque compensé le retard sur 2019, année record pour les immatricula­tions de cette catégorie. Pour terminer les transports de personnes et les ambulances réalisent le meilleur score des vingt dernières années.

Jean-Yves Kerbrat
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