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Mayotte : les camions à l’arrêt

Après un mois de grève générale à Mayotte, des produits qui commencent à manquer dans les magasins, des stations services vides, un port bloqué, les conséquences des nombreux barrages et de la paralysie des transports de marchandises commencent à se faire sentir sur l’île. Plus aucun camion ne peut circuler. Pire, l’unique hôpital est en rupture de stocks de médicaments, les commandes étant retenues sur le port.

Le collectif de citoyens et l’intersyndicale, qui mènent le mouvement de blocage des routes, ont décidé qu’ils laisseraient passer “les services d’urgence, la livraison de médicaments, de produits de première nécessité, d’hydrocarbures, de gaz, et les forces de l’ordre”, ont-ils indiqué.

Les routiers et les transporteurs soutiennent l’action des syndicats de l’île et n’hésitent pas à participer à la tenue des barrages. “On va maintenir les barrages jusqu’à une signature. On ne veut pas de paroles en l’air. Ils avaient déjà promis ça à nos grands-parents et arrière grands-parents”, a déclaré Toto Amachebane, transporteur et président du syndicat des transporteurs.

Pour Jacques-Martial Henry, responsable de la communication du port de Longoni, la pénurie n’est pas loin. “Plus rien ne rentre ni ne sort. Le port est saturé car les conteneurs sont déchargés mais ne peuvent pas être livrés. On manque déjà de médicaments, d’alimentation en produits frais ou de bouteilles de gaz, beaucoup de gens n’en ont plus”. “A Mayotte, on dépend à 95% de l’importation, et tout passe par le port. Les importations par voie aériennes ne représentent qu’1% du trafic”, dit-il.

Pour ne rien arranger, depuis mardi dernier, un embargo sur le fret à l’aéroport a été décidé sauf pour les médicaments, certains produits périssables, les animaux vivants et les dépouilles car les camions et utilitaires des transitaires n’arrivent plus à se déplacer pour récupérer leurs produits. Sans compter les 15 tonnes de courriers bloqués à l’aéroport.

Les transitaires indiquent dans un communiqué qu’ils ne feront plus les avances des droits de Douane aux clients en difficultés de paiement. « En effet, à ce jour nous avons tous engagé des sommes conséquentes pour les quelles nous ne pouvons être payés puisque nous ne pouvons livrer aucun client depuis plus de deux semaines ; clients qui eux ne pouvant travailler normalement ne peuvent plus honorer nos factures dont 90% du montant de celles-ci sont constitués d’avances de droits et taxes, frais portuaires, fret et autres. »

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