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Pénurie de carburants : les transports bientôt à l’arrêt ?

La réunion entre le ministère des transports et les fédérations du transport routier en fin de semaine dernière n’aura pas suffi pour réalimenter en gasoil les milliers de camions. De nombreuses entreprises de transport envisagent de laisser leurs véhicules au dépôt. Peu ont accès aux stocks stratégiques promis par le gouvernement, au risque de fragiliser d’ici la fin de semaine les approvisionnements dans la grande distribution.

Beaucoup de transporteurs qui se réalimentent en gasoil directement à leur dépôt sont inquiets. « La cuve est au plus bas, je ne sais pas comment on va faire demain pour que les chauffeurs refassent le plein. C’est très compliqué, on ne sait pas quand on va être livré. Il faut appeler nos fournisseurs au jour le jour », déplore le transporteur Gamba et Rota basé à Vendeuvre-sur-Barse (10 140). L’entraide existe encore dans la profession. Les transports Strabert d’Ouroux-sur-Saône (71 336) n’ont plus de carburant, sa cuve de 38 000 litres est vide. Fort heureusement, l’entreprise a pu compter sur d’autres transporteurs appartenant eux aussi au groupement Tred Union.

La situation des conducteurs n’est guère mieux. Nombreux sont ceux qui ne peuvent plus se servir de leur carte de paiement Total, les obligeant à avancer les frais de carburant avec leur propre carte bleue.

Le transport scolaire aussi impacté

Les transporteurs scolaires et périscolaires ne sont pas épargnés. Selon les régions plus ou moins touchées, certains pensent déjà à interrompre le service de certaines lignes, faute de carburant. Dans l’Essonne, la société Cars bleus a annoncé hier que « sur une majorité de ses lignes le service ne sera pas assuré ». Le transporteur Champagne Mobilités surveille sa cuve intégrée de 40 000 litres qui alimente ses 60 autocars basés à Reims craignant devoir aussi stopper ces lignes.

FlixBus, dont le siège est en Allemagne et qui revendique le statut de « premier transporteur de passagers sur route en Europe », a demandé hier au gouvernement français «d’inclure le transport régulier de voyageurs dans ses futures mesures prioritaires de lutte contre la pénurie de carburant», a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

Une réunion pour rien

Les fédérations du transport routier, la FNTR, l’OTRE, TLF et la FNTV, avaient été reçues vendredi dernier par le ministère des transports pour faire le point sur la pénurie de carburant dans les stations-services. Elles avaient eu pourtant la garantie que les professionnels seraient approvisionnés en carburant via les stocks stratégiques.

Malheureusement, la situation ne devrait pas s’arranger de sitôt. Selon un conseiller du ministère que TRM24 a pu joindre, « dans un scénario le plus optimiste, si les stocks sont libérés, un retour à la normale prendrait au moins 7 à 8 jours. »

Le mouvement de grève pour les salaires chez TotalEnergies a été reconduit jusqu’à mardi dans des raffineries et dépôts pétroliers, et étendu à une quinzaine de stations-service autoroutières. Le mouvement a également été reconduit dans les deux raffineries françaises du groupe Esso-ExxonMobil, selon la CGT.

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