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Plan de résilience : les mesures pour le TRM jugées insuffisantes

Jean Castex, premier ministre, a dévoilé hier le plan de résilience économique et sociale pour faire face aux « augmentations brutales du prix de matières premières liées à la guerre en Ukraine. » Plusieurs mesures ont été annoncées en faveur du transport routier. Mais elles ne sont pas suffisantes pour les organisations patronales et pour les transporteurs qui ne comptent pas lever leur blocage principalement des dépôts pétroliers. L’OTRE annonce une mobilisation de ses adhérents le 21 mars. Voici le détail des mesures.

  • le Gouvernement s’engage à ce que la « remise carburant » de 15 centimes par litre n’affecte pas le niveau des indexations gasoil durant quatre mois. « Dit autrement, les 15 centimes doivent effectivement bénéficier aux entreprises de transport ». Selon le gouvernement, cela représente une aide financière de près de 1500 € sur le plein d’un camion sur 4 mois. Ce soutien permet d’accompagner la période de transition à partir du 1er avril, le temps que la hausse des carburants soit correctement répercutée dans les prix.
  • Le gouvernement met ainsi en place une nouvelle aide qui bénéficiera aux entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent une part élevée des charges, soit au moins 3 % de leur chiffre d’affaires, et qui pourraient faire des pertes sur 2022 du fait du renchérissement de leurs dépenses en énergie. Cette aide bénéficiera aux entreprises sans condition de taille ou de secteur et permettra la prise en charge de la moitié du surplus de leurs dépenses énergétiques, et ainsi d’effacer la plus grande partie de leurs pertes.
  • la remise de 15 centimes par litre touchant les prix des carburants est étendue au gaz naturel véhicule (GNV) et au gaz de pétrole liquéfié (GPL).
  • le gouvernement met en place un soutien spécifique à la trésorerie en accélérant le rythme de remboursement de la TICPE, pour le passer d’un rythme trimestriel à un rythme mensuel.
  • les reports de charges fiscales et sociales dont l’accès sera facilité pour les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix de l’énergie. Elles pourront à cet effet saisir les services de la DGFiP et des URSSAF, auxquelles les instructions correspondantes vont être données.

« Compte-tenu de la spécificité de ce secteur qui dépend très fortement des prix du carburant et de l’envolée des prix depuis le début du mois de mars, j’ai demandé au Ministre des transports qu’il réunisse les acteurs du secteur pour définir dans les tous prochains jours les modalités d’un complément d’aide au titre des pertes des dernières semaines » a complété le premier ministre.

Les organisations patronales et la base insatisfaites des mesures

Leur réaction ne s’est pas fait attendre. Les organisations professionnelles du transport routier ne sont pas satisfaites des mesures du Plan résilience. Pour l’OTRE : « le plan de résilience annoncé ne prend pas suffisamment en compte la gravité de la situation. Ceci n’est pas acceptable pour les entreprises alors même que le Gouvernement reconnaît leur rôle stratégique pour l’économie de notre pays. La précision apportée ce jour que la remise de 15 cts ht/l annoncée le 11 mars par le Premier ministre n’affectera pas le calcul de l’indexation gasoil, ainsi que la possibilité offerte aux entreprises d’obtenir le remboursement partiel de la TICPE mensuellement, constituent certes des avancées mais qui sont insuffisantes » a-t-elle précisé. L’OTRE affirme que « seule une aide financière directe et complémentaire par véhicule (poids lourds, autocars, VUL), fixée dans des délais très courts, est en mesure de répondre aux attentes de ses entreprises adhérentes » et annonce une mobilisation à partir du 21 mars.

Pour Florence Berthelot, délégué générale de la FNTR : « je suis rassurée tout d’abord parce qu’il a reconnaissance par notre premier ministre de notre secteur. Et ce n’était pas gagné il y a encore quelques jours. Sur les mesures annoncées, c’est un pas qui va entrer en vigueur dans quelques semaines alors que les entreprises ont besoin d’aides immédiates. Le premier ministre l’a compris puisqu’il a ouvert la porte à des négociations avec le ministère des transports où l’on parle d’aides complémentaires. Cela peut être une aide au camion. Il faut que ces négociations aient lieu au plus vite » a-t-elle déclaré sur France Info.

Sur le terrain, les transporteurs qui ont lancé les premières actions restent déçus des mesures annoncées. Pour eux, pas question de lever les blocages des dépôts pétroliers en Bretagne (Lorient, Brest et Vern-sur-Seiche) et à La Rochelle (Charente-Maritime), malgré l’annonce du plan d’aides du gouvernement. « Il n’y a rien du tout dans ce plan à part des reports de charge, qu’on peut déjà avoir en temps normal. Y a que les pêcheurs qui ont eu 35 centimes » par litre de gazole, a expliqué à l’AFP, depuis le dépôt de Lorient, Norbert Guillou, chef d’entreprise. « On maintient le blocage (du dépôt de Lorient, ndlr) et on le renforce parce que c’est nous prendre pour des imbéciles », a poursuivi ce responsable d’une entreprise de transport.

Hervé Rébillon
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