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Quand aura lieu le comité interministériel de la Logistique

Le Premier ministre Edouard Philippe avait reçu le 16 septembre dernier les conclusions du rapport commandé à Eric Hémar, Président de TLF et Patrick Daher « Pour une chaîne logistique plus compétitive au service des entreprises et du développement durable ». Le premier ministre a exposé les premières mesures concrètes en amont d’une table ronde. Parmi lesquelles : revoir la fiscalité immobilière et travailler avec les transporteurs routiers sur la massification des flux. Edouard Philippe a annoncé la tenu d’un comité interministériel de la logistique prévu début 2020. Mais depuis, aucun nouvelle.

« La logistique est très méconnue en France. Vous avez distingué ce que nous pouvons faire en terme de gouvernance et ce que nous pouvons faire en terme de transformation. Aujourd’hui, l’éclatement prévaut entre métiers. Le comité exécutif est une excellente idée » a déclaré Edouard Philippe. « Les éléments opérationnels que l’on peut mettre en œuvre. L’objectif est de mettre en place une politique industrielle. La logistique c’est mettre en place une politique de circulation des flux dans une économie mondialisée. Capter les flux et les massifier, les fluidifier c’est au fond de la création de richesse en France. Préférons le développement de la logistique à l’endroit plutôt qu’à l’envers » a-t-il ajouté. « Un Brexit sans accord pose des questions de sécurité et de développement économique. Le contrôle des flux en matière alimentaire (Douanes, services vétérinaires, DGCCRF pour le bio). On doit faire mieux pour l’usager. Faire des tests pour le compte de l’ensemble des acteurs de l’Etat ».

« La France a beaucoup d’atouts en termes d’infrastructures, de personnel qualifié, d’aéroports et pourrait être très bien positionnée sur le plan européen, a déclaré Patrick Daher, le président du groupe Daher en introduisant la table ronde avec le Premier ministre. Nous avons rencontrés pendant six mois les logisticiens, les administrations et l’ensemble des acteurs de la supply-chain pour comprendre ce qui ne marchait pas. Que pouvons-nous faire immédiatement pour que cela marche ? »

« Le classement de la Banque mondiale place la France au 15ème rang mondial et cela pourrait même s’aggraver, a reconnu Eric Hémar, le président de TLF et président Directeur général du groupe ID Logistics. Le « benchmark » que nous avons établi avec l’Allemagne et les Pays Bas révèle une absence de massification des flux en France et une fiscalité immobilière qui rend le coût immobilier peu attractif. » Pourquoi l’Allemagne et les Pays-Bas réussissent ? Quels processus la France pourrait-elle imaginer pour faire aussi bien que ses voisins ? « Notre monde de la logistique est prodigieusement éclaté au niveau du secteur privé. Il convient de mettre en place une plateforme « France Logistique » qui prendra en compte tous les éléments transverses de la profession, a affirmé Patrick Daher. Nous avons le même problème avec l’Etat. Nous préconisons la mise en place d’un comité exécutif composée de France Logistique, de la DGE et de la DGITM. Nous pensons qu’il nous faudrait un comité interministériel annuel au cours duquel nous rendrions des comptes.» Ce comité sera chargé de rechercher et d’animer les grands axes logistiques au niveau territorial. »

Fait marquant, le président de TLF a expliqué que la vocation de la plateforme France Logistique était la relance de la recherche. « La recherche en France est trop fractionnée , a déploré Eric Hémar. Il faudrait que la recherche soit utile en matière d’impact environnemental, d’enjeux de compétitivité et d’attractivité et que la pénurie d’enseignants spécialisés soit résorbée. » De son côté, la déléguée générale de la FNTR, Florence Berthelot, n’a pas omis de souligner que la logistique se délocalisait et que la fiscalité immobilière constituait un réel motif d’inquiétude chez les transporteurs routiers. Enfin, la table ronde a permis de mettre l’accent sur le rôle crucial des ports dans la massification des flux. Les ports se doivent de travailler davantage avec les chargeurs. Cela passe notamment par la procédure CCS (Cargo Community System) déjà ouverte au Havre avec SOGET et à Marseille avec MGI. Au fond, une logistique plus performante et compétitive assure de facto la performance de l’industrie. D’après une étude de l’Aslog (2008-2009) mentionnée dans le rapport, le coût logistique d’une entreprise représente en moyenne 12 % de son chiffre d’affaires net ; ce taux variant de 7 % pour l’industrie automobile et aéronautique à 16 % pour la chimie et la pharmacie.

Dans le communiqué conjoint TLF/FNTR publié à l’issue de la visite d’Edouard Philippe sur le site ID Logistics d’Aulnay-sous-Bois (voir communiqué en lien), le président de TLF a résumé le sentiment général. « Nous avons de nombreux atouts : des infrastructures de qualité, un foncier disponible, de réelles capacités d’innovation notamment en matière numérique. Il existe cependant, des freins et c’est par une gouvernance partagée public/privé que nous pourrons développer tous ensemble une logistique moderne, sociale et durable. Nous saluons les annonces faites ce jour par le Premier ministre qui valident cette nouvelle organisation. Les 6 mesures viennent traduire nos propositions pour redresser la filière ! »

Les six mesures annoncées pour redresser la filière

1) Un point de contact unique aux frontières

2) La simplification des implantations logistiques

3) Une plateforme numérique ouverte à tous les acteurs

4) Un benchmark européen sur la réglementation

5) Une révision de la fiscalité des entrepôts logistiques

6) L’accompagnement des transformations de l’emploi et des compétences.

 

Louis Guarino et Hervé Rébillon

Lire le Rapport dans son intégralité

 

 

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