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Quel avenir pour la task force mise en place par le gouvernement ?

La task force mise en place en 2021 par le gouvernement et réunissant constructeurs, transporteurs et énergéticiens peine à avancer. Les conclusions de certains acteurs n’étant pas souvent en phase avec les propres conclusions de l’Etat. Les constructeurs misent plutôt sur le tout électrique voire l’hydrogène alors que les transporteurs préfèrent un réel mix énergétique, coût oblige. Reste à savoir à présent si la task force survivra au second mandat du président et au changement prochain de gouvernement.

Après une première phase portant sur les usages et les motorisations, les aspects économiques et coûts totaux de possession des véhicules et l’offre des constructeurs, une seconde était consacrée aux perspectives, freins et leviers en matière de décarbonation des catégories majoritaires de véhicules lourds, et au-delà de la production et de la commercialisation des véhicules, à l’accès à l’énergie. L’objectif était aussi de dresser un état des lieux des déploiements des stations d’avitaillement et de recharge de gaz, d’électricité et d’hydrogène.

Les fédérations du transport routier – FNTR, TLF, OTRE – ont publié de leur côté des rapports de conclusions, or le gouvernement n’apporte officiellement aucune analyse, aucun rapport. Idem du côté des constructeurs (tous n’étant pas présents et tous n’ayant pas la même feuille de route). Dans le rapport de conclusions de la première phase, les organisations professionnelles avaient mentionné que « les TCO gaz, biogaz, biodiesel, diesel étaient assez proches. L’offre alternative électrique en gros tonnages reste à un coût largement supérieur à celui du diesel, tant dans le prix d’acquisition des véhicules que plus globalement, dans son TCO (presque 2 fois supérieur). » Or, de leur côté, la plupart des 7 constructeurs historiques de poids lourds misent particulièrement sur l’électrique. Djebbari a estimé que l’électrique était la meilleure solution après avoir vanté les bienfaits du gaz.

Il est à noter que les fédérations du TRM posent de nombreuses interrogations dont la fiscalité. Mais, en face, aucune réponse n’est apportée.

Concernant la seconde phase, les conclusions portent sur le nombre encore insuffisant de stations de recharges toute nouvelle énergie confondue. « Il est constaté une réelle problématique sur la capacité du réseau électrique à supporter une multiplication des raccordements de stations de recharge rapide pour véhicules lourds sur l’ensemble du territoire et sur les risques d’iniquité d’accès à l’électricité » indique le rapport émis par les fédérations.

Cette Task Force a, au moins, le mérite de mettre sur la table les problématiques que soulève la Transition énergétique pour les transporteurs, premiers utilisateurs. Reste que le gouvernement fait la sourde oreille et n’importe aucune réponse. A suivre.

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