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Rapport OPTL : l’emploi dans le transport routier et la logistique progresse de 3,5%

L’Observatoire Prospectif des emplois et des qualifications dans les Transports et la Logistique (OPTL) présentait ce matin son rapport annuel. Il confirme la dynamique enregistrée depuis cinq ans. L’emploi dans le transport routier et la logistique progresse de 3,5%. Autre fait marquant : le nombre d’indépendants dans la branche s’est accru de 19% avec l’explosion des livraisons à domicile.

Bruno Lefebvre, président de l’OPTL : « Un effort important de formation a été accompli pour professionnaliser des salariés dans nos métiers du transport et de la logistique. Mais les difficultés de recrutement des entreprises restent intenses. Aussi, toutes les initiatives qui visent à attirer des candidats vers nos métiers et notre branche, et à les y fidéliser durablement, doivent être encouragées. L’effort de professionnalisation doit par ailleurs rester soutenu, dans un contexte où les métiers évoluent et se modernisent, en lien avec les transitions technologiques, numériques, organisationnelles, environnementales, sociétales qui traversent le secteur. »

L’emploi dans le transport et la logistique reste plus dynamique que dans le reste de l’économie (+3,5%). Plus de 720 000 salariés ont été enregistrés dans la branche au 31 décembre 2018. 24 600 emplois salariés ont été créés en 2018 dont plus de 15 000 dans la conduite routière : c’est certes moins que dans la construction (31 900 postes créés en 2018), mais beaucoup plus que dans l’industrie (+8 300 postes).

Cette croissance est portée en particulier par la dynamique du transport routier de marchandises (+4,6%) et des prestataires logistiques (+7,5%). Elle est particulièrement forte dans le sud-ouest (+4,7% en Occitanie) et en Ile-de-France (+4,5%). Seul le déménagement perd des emplois salariés (-1,9%). 17 % des embauches sont des créations d’emploi et 74% des embauches sont en CDI. En 2018, les recrutements sont deux fois plus souvent motivés par la recherche d’un accroissement des capacités de production que le remplacement des départs en fin de carrière. Plus de 11 000 salariés sont partis en fin de carrière en 2018, dont plus de 2 000 ont fait valoir leur CFA dans le transport routier de marchandises, et près de 190 dans le transport routier de voyageurs. Cependant, la grande majorité des recrutements est essentiellement justifiée par le remplacement des départs pour d’autres motifs que la fin de carrière (remplacements de démissions, fins de CDD, ruptures conventionnelles, ou encore licenciements autres qu’économiques).

La part des licenciements économiques dans les départs est inférieure à 1%, tandis que la proportion des ruptures conventionnelles s’établit à 6%. Le volume d’offres d’emploi déposées auprès de Pôle emploi reste relativement stable. Après avoir augmenté de 22% en 2017, le nombre d’offres d’emploi déposées par les entreprises se maintient en 2018. Cependant, Pôle emploi a enregistré 1300 offres supplémentaires d’entreprises de transports routiers réguliers de voyageurs, ainsi qu’une augmentation des offres pour des emplois logistiques.

La livraison à domicile s’impose

Le nombre d’indépendants dans la branche s’est accru de 19% en 2018 et jusqu’à 26% dans le transport routier de marchandises (en particulier dans la livraison à domicile). Le volume des créations d’établissements a quasiment doublé en un an dans le transport routier de marchandises. Cette évolution s’inscrit dans la croissance du marché des livraisons alimentaires (Deliveroo, Uber Eats, Just Eat…) et non alimentaires à domicile. Il s’agit notamment de coursiers à vélo ou à scooter, avec un régime de micro-entrepreneur. Parallèlement, près de 90% des défaillances se concentrent sur le transport routier de marchandises, et huit fois sur dix ces défaillances concernent des entreprises sans salarié.

Le secteur se féminise

En 2018, la branche comptabilise plus de 142 200 femmes, soit un cinquième de l’effectif total. Le nombre de femmes dans les entreprises a progressé plus rapidement que celui des hommes. En 2018, la part des femmes dans les effectifs de la famille professionnelle Conduite augmente légèrement pour atteindre 11% contre 10% en 2017.

Répartitions des femmes dans le secteur Transport Logistique

L’intérim moins fort

Le nombre d’intérimaires dans la branche s’est accru de 9% en 2018, après +20% en 2017. Les agences de travail temporaire ont principalement été sollicitées pour des postes de conducteurs de poids lourds (48% des répondants) et des postes d’opérateurs logistiques (36% des répondants).

La pénurie se confirme

Plus de la moitié des entreprises rencontrent des difficultés de recrutement. C’est 8 points de plus qu’en 2018, et 18 points de plus qu’en 2017. Cette tendance affecte particulièrement le transport routier de voyageurs, le déménagement

et le transport sanitaire. Sans surprise, ce sont les postes de la conduite routière, en transport de marchandises ou personnes, qui sont les plus problématiques à pourvoir. L’OPTL a souligné un problème non négligeable : 620 000 demandeurs d’emploi sont positionnés sur les métiers du transport et de la logistique, mais tous ne possèdent pas nécessairement les qualifications qui les rendraient immédiatement employables.

Formation : davantage de certifications globalement délivrées en 2018

Accroissement de 8% du nombre de titres professionnels (incluant les titres privés). En particulier :

− le TP Conducteur(trice) du transport routier de marchandises sur porteur (+31%) ;

− le TP Conducteur(trice) du transport routier de marchandises tous véhicules (+13%).

En revanche, le TP Conducteur(trice) du transport routier interurbain de voyageurs se contracte (-9%, comme en 2017), ainsi que les titres professionnels préparant aux métiers d’opérateurs logistiques. Mais diminution de 3% du nombre de diplômes d’État en transport et logistique. En particulier :

− le BTS Transport et Prestations Logistiques (-5%) ;

− le Bac Pro Conducteur Transport Routier Marchandises (-3%) ;

− le Bac Pro Maintenance des véhicules option véhicules de transport routier (-10%).

Cependant, les diplômes d’État en logistique progressent.

Le nombre de sortants des formations initiales minimales obligatoires (FIMO) pour l’accès au métier de conducteur a régressé en 2018 : -7% pour les FIMO Marchandises et -25% pour les FIMO Voyageurs. Pour le transport routier de marchandises, et contrairement au transport routier de voyageurs, cette évolution est compensée par la progression des titres professionnels délivrés en conduite. L’évolution des volumes en formations « Passerelles » est également orientée à la baisse : -15% pour les formations « Passerelles » marchandises, et -18% pour les formations « Passerelles » voyageurs.

Conséquence de la loi « Grandguillaume », qui a réformé l’activité de VTC (Voitures de Transport avec Chauffeur), le nombre d’attestations de capacité délivrées pour du « transport léger » de personnes a été divisé par plus de 2 en 2018. A l’inverse, le nombre d’attestations de capacité délivrées en « transport léger » de marchandises augmente de 9% au cours de l’année 2018.

En 2019 ?

Plus de 746 000 : c’est le nombre de salariés estimé à fin 2019 dans les entreprises de la branche, soit une progression de 2,7%. 53% : le nombre d’entreprises interrogées début 2019 annonçant des recrutements (en cours ou réalisés) d’ici la fin de l’année. + 7% : l’évolution vraisemblable du nombre de recruteurs comparativement à 2018.

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