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Rapport Pollution Airparif : les progrès en 10 ans sont significatifs

La pollution de l’air est un thème récurrent des médias de masse pour stigmatiser le transport. Le rapport intitulé Mortalité attribuable à la pollution atmosphérique en Ile-de-France co-édité par Airparif, l’Observatoire Régional de Santé et l’Institut Paris Région donne un état des lieux récent sur ce sujet polémique.

Le rapport Mortalité attribuable à la pollution atmosphérique en Ile-de-France daté de février 2022 entend faire le point sur les émissions de polluants entre deux périodes : 2004-2008 et aujourd’hui. Un bilan, finalement plus positif qu’on ne l’imagine. Puis il rentre dans le cœur médiatique du sujet : le nombre de décès « attribuables (ou évitables) », lequel est estimé en « mobilisant les risques relatifs recommandés » (sic). Par la suite, des comparaisons sont faites en estimant des effets des mesures de quarantaine liées au Covid-19 sur la qualité de l’air au cours de l’année 2020. Une modélisation du nombre de « décès attribuables » est également faite en prenant comme critère les nouveaux seuils définis par l’OMS depuis septembre 2021. Une façon de dire que les progrès sont réels… mais insuffisants.

Les auteurs revendiquent d’ailleurs l’utilisation de ces chiffres pour « orienter les politiques publiques d’amélioration de la qualité de l’air et favoriser l’acceptabilité sociale des mesures » ! Nous voilà prévenus.

Des progrès encore insuffisants

Les polluants PM2.5, en moyenne annuelle, sont passés de 17,3 µg/m3 sur la période 2004-2008 à 11.7 µg/m3 entre 2010 et la période actuelle. Pour les NO2, la médiane est passée de 32.2 à 26.6 µg/m3. Les progrès en 10 ans sont significatifs. Les émissions de particules fines sont même en baisse spectaculaire. Les auteurs constatent « que les niveaux d’exposition au PM2.5 actuellement observés à Paris se situent dans la gamme, et même en deçà, des niveaux observés en 2010 en zone rurale. »

Malgré tout, la population reste exposée à des niveaux bien supérieurs à la nouvelle recommandation de l’OMS, y compris en zone rurale ». « Pour le NO2, la baisse est particulièrement marquée à Paris ». Les auteurs relèvent que les émissions de NOx ont été en hausse uniquement sur les plateformes aéroportuaires « seul secteur en augmentation depuis 2010 ». « Les émissions de NOx du transport routier ont diminué de 32% entre 2010 et 2018 grâce à l’amélioration technologique des véhicules [passage aux normes Euro 5 puis Euro 6 pour les voitures et à Euro VI pour les véhicules industriels NDLR] et une réduction du volume de trafic de 3% à l’échelle régionale. » Le secteur résidentiel, deuxième contributeur identifié de NOx a baissé ses émissions de 14% entre les deux périodes étudiées.

Pour les particules fines PM2.5, c’est le résidentiel qui est le principal émetteur estimé, devançant l’agriculture (18%) puis le transport routier (17%). Ce dernier aurait connu une baisse de ses émissions de PM2.5 de -44% ! Fait peu relayé dans les médias de masse, le bâtiment contribuerait au même niveau que le transport pour l’émission de PM2.5 (domestique : 35% émissions PM2.5, agriculture : 18% ; transport : 17% ; BTP et construction : 17%).


Les auteurs ont repris les calculs d’Airparif pour imaginer l’effort à accomplir sur les émissions de polluants si les nouveaux objectifs de l’OMS devaient s’appliquer sur l’ensemble de l’Ile-de-France. Airparif conclut qu’il faudrait baisser les émissions de 60% pour les NO2 (afin d’atteindre la valeur limite de 20µg/m3) à l’échelle de Paris et de la Métropole du Grand Paris. Mais l’impact du résidentiel est toutefois soulignée (baisse des émissions de 30%). Pour les PM2.5 « la valeur limite est actuellement largement respectée aussi bien en situation de fond qu’à proximité du trafic ». Mais si on applique les nouveaux seuils OMS (à 10µg/m3), il faudrait réduire les émissions du foncier de 50%. Seuil ramené à -40% si le transport est mis à contribution à hauteur d’un objectif de -30%. Bref : comme les résultats sont tendanciellement bons, il faut justifier un « tour de vis » supplémentaire. Et les nouveaux seuils de l’OMS sont l’occasion rêvée pour ce faire.

Nous reviendrons largement sur ce rapport dans le prochain eMAG Transport #8 qui sera en ligne le 28 mars.

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