Actu

Stellantis, la course à l’hydrogène

Les constructeurs automobiles ont jeté leur dévolu sur une nouvelle énergie qui pourrait être le graal de l’industrie en plein doute. En France, Renault y met des moyens conséquents à partir de l’usine de Flin et Stellantis, à partir de son usine française d’Hordain (Nord) a également annoncé ses ambitions. Avant un début de production, il y a actuellement une mise au point du processus industriel dans les ateliers dédiés de l’usine historique Opel de Rüsselsheim, près de Francfort, qui est dédié centre d’expertise pour hydrogène.

Les transformations y sont réalisées sur la base des modèles électriques produits dans l’usine d’Hordain. Il est prévu, pour le moment, d’en produire 1000 par an mais la capacité pourrait montrer à 5000 unités aux côtés des modèles diesel, essence et 100% électrique. Afin de parvenir à ce résultat, les éléments de la propulsion 100% électrique sont démontés et remplacés par les équipements tel les réservoirs placés sous les fourgons, qui concernent ainsi les mêmes volumes de chargement que les modèles diesel. Compte tenu de ses différentes marques et ses centaines d’ingénieurs, le groupe Stellantis a certainement les moyens d’aller plus vite que ses concurrents.

La gamme en développement des véhicules hydrogène de Stellantis devient le symbole de la stratégie « Extended power of choice » des trois constructeurs (Peugeot, Citroën, Opel) qui prennent de l’avance sur une stratégie globale liée à la mobilité décarbonée en commençant par les véhicules professionnels. Les entreprises utilisatrices pourront également s’en prévaloir dans le cadre de leur politique RSE.

A partir de 2035, les constructeurs ne livreront plus de véhicules avec des moteurs thermiques mais l’électrique ne semble pas forcément la solution la plus appropriée pour les utilitaires légers ou les poids lourds avec des autonomies réduites. Alors, les utilitaires peuvent  contourner cette difficulté en misant sur une motorisation hybride électrique-hydrogène, qui combine une autonomie annoncée de 400 kilomètres, un temps de recharge faible. Il est question de seulement 3 minutes pour remplir le réservoir d’hydrogène. La charge utile est également préservée. Aujourd’hui, il manque des stations-services, mais d’ici l’échéance, il y a du temps pour en installer. « Pour commencer, les clients ciblés seront des entreprises disposant d’une flotte suffisamment importante pour investir dans leurs propres installations l’installation. Un partenariat avec Engie est en discussion pour proposer une offre compétitive annonce Carlos Tavares.

L’hydrogène complète une offre qui se veut globale concernant une offre électrifiée introduite dès 2020 par les marques du groupe Stellantis. Ces fourgons compacts, correspondant au milieu de gamme, sont disponibles en deux longueurs (Standard et Long) et ils présentent les mêmes caractéristiques de volume de chargement que les versions diesel et électrique à batterie, soit jusqu’à 6,1m³ de volume de chargement, 1000 kg de charge utile et autant de capacité de remorquage.

Il y a pour le moment deux modèles au catalogue, Fourgon Standard Hydrogen 136 ch affiché au prix de 116000 euros HT, y compris un contrat de service facturé 4399 euros HT, et la version longue, 116700 euros HT, toujours avec le contrat de service. Selon les constructeurs, les aides d’Etat selon les pays, avec des compléments régionaux, peuvent représenter une part non négligeable du prix total. Le prix définitif à payer est donc fluctuant en fonction des budgets alloués par les gouvernements.

Jean-Yves Kerbrat
Les derniers articles par Jean-Yves Kerbrat (tout voir)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.