Coronavirus

TEMOIGNAGE : « On a beaucoup de kilomètres à vide » (Marion Satgé, Transports TLTP)

Le TP à l’arrêt

Marion, la trentaine passée, respire un peu. Son entreprise de transport initialement spécialisée dans le TP s’est diversifiée et c’est sans doute grâce à cette évolution qu’elle et son équipe peuvent s’en sortir. Les carrières pour qui elle travaille encore ont cessé. Avec un parc entièrement dédié à ce secteur, elle serait elle aussi à l’arrêt total.

« On s’en sort même si on perd du chiffre d’affaires. On a beaucoup de kilomètres à vide » nous a confié le cheffe d’entreprise. « Avant, nous faisions essentiellement de la carrière. On serait fini si nous faisions encore que ça. Maintenant je n’ai plus que deux camions dont un régulier qui roule pour un groupe. Mais il n’y a pas de reprise et on n’a aucune date prévue. Avec les intempéries, les ponts et maintenant avec les crises, le TP n’est pas intéressant. » Et hasard du calendrier, le conducteur a démissionné à peine le confinement commencé. « Celui que je devais embaucher va devoir attendre que les carrières reprennent » nous a-t-elle précisé.

Un mari sur a route

Marion a repris en 2013 l’entreprise de transport de son père décédé. Elle a repris les mêmes conducteurs afin de commencer avec plus de confiance et d’aisance. Et c’est encore en famille qu’elle dirige sa petite entreprise. Son mari, Serge, conduit l’un des camions. Depuis, le nombre de camions n’a pas progressé, seules les activités ont évolué. Outre le TP, la société s’est lancée dans les céréalières et le bois. « On a perdu en avril 60% du chiffre d’affaires en céréalières. Le fait d’avoir signé la charte Qualimat nous oblige à transporter du blé non contaminé. C’est ce qui nous a permis de livrer des usines de pâtes. » Pour le transport de bois, l’activité a été arrêté. « Un contrat a été suspendu en mars. Nous livrons habituellement des imprimeries. Mais généralement, l’option bois c’est mieux. C’est plus régulier. » Sur l’ensemble de ses 5 conducteurs, Marion a mis un seul conducteur en chômage partiel (60 heures) et les autres ont eu recours à leurs congés payés : « On a préféré ne pas les mettre en chômage partiel afin qu’ils ne perdent pas de salaire. »

Pour cette fille de transporteur, il n’est pas question de grandir, d’accroître son porte-feuille clients et son parc poids lourd. « Avec 5 véhicules, au moins c’est maitrisable et je conserve un esprit familial. » Marion n’a pas eu besoin de demander des aides ou un prêt bancaire. « On a pu maintenir un travail pour les salariés et c’est l’essentiel » nous a-t-elle indiqué. La dirigeante qui a vu de nombreuses petites entreprises de transport mettre la clé sous la porte ces dernières semaines dans la région reste prudente. La crise sanitaire et économique est loin d’être terminée.

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