Tribunes

Djebbari prend son envol aux Transports

Depuis le mois de juillet, le nom de Jean-Baptiste Djebbari revenait souvent pour occuper le secrétariat d’Etat aux Transports qu’Elisabeth Borne, promue ministre de la Transition écologique et solidaire, ne pouvait plus assumer. Le secret de polichinelle a été levé le 3 septembre. Il devient à 37 ans le plus jeune titulaire de ce portefeuille ministériel. S’il n’est pas étranger au secteur, il demeure avant tout un expert du transport aérien. Il fut contrôleur aérien, pilote, directeur des opérations d’une société spécialisée dans les vols d’affaires et expert judiciaire en aéronautique avant d’être élu député de la Haute-Vienne en 2017 et de s’engager auprès d’Emmanuel Macron et de son mouvement La République en Marche. Marcheur de la première heure, le nouveau secrétaire d’Etat sera-t-il l’avocat des transporteurs routiers ? Quel sera son périmètre et son pouvoir réel de décision ?

Sur son bureau, les  dossiers que sa ministre de tutelle, Elisabeth Borne, n’a pas pris à bras le corps sont aussi sensibles que nombreux. Relèvement de 2 centimes du seuil de remboursement de la TICPE sur le gazole professionnel, fin de l’exonération sur le gazole non routier (GNR) étalée sur 3 ans,  dont une taxation 45 % à compter du 1er juillet 2020 pour les entreprises de transports frigorifiques et de béton prêts à l’emploi,  suppression de la déduction forfaitaire spécifique (DFS), taxation via un malus des contrats courts etc … Ces mesures relèvent certes d’un arbitrage interministériel (ministère de l’économie et  des finances, ministère du travail ). Mais le secrétaire d’Etat aux Transports aura son mot à dire. La bonne entente apparente qu’il assure avoir avec Elisabeth Borne  sera-t-elle pérenne et  durable  ?

Les fédérations professionnelles qui doivent rencontrer Jean-Baptiste Djebbari dans les prochains jours auront l’occasion de découvrir son  état d’esprit et d’apprécier la manière dont il ambitionne d’imprimer son style, compte tenu des contraintes imposées par le projet de loi de finances 2020 qui sera présenté en conseil des ministre le 25 septembre. La première impression est souvent la bonne. Son baptême du feu aura lieu mardi 10 septembre à l’Assemblée nationale pour porter la voix gouvernementale, lors de  l’examen en seconde lecture de la loi d’orientation des mobilités (LOM).

Député de la Haute-Vienne, il  s’est fait connaître en 2018 comme rapporteur de la réforme ferroviaire. A l’époque, il s’était aussi bien entendu avec Elisabeth Borne qu’avec les syndicats de la SNCF. Son nom circulait récemment parmi les successeurs possibles  à Guillaume Pépy à la tête de l’entreprise ferroviaire. Adepte des propositions chocs, il a même suggéré en juin dernier que les autoroutes reviennent dans le giron de l’Etat à la fin des concessions actuelles. L’anticipation des recettes des péages permettrait de financer dès à présent les infrastructures de transport dont les besoins sont colossaux. A ses heures, Jean-Baptiste Djebbari est rugbyman et joue au poste de demi de mêlée. Saura-t-il piloter son secrétariat d’Etat et ouvrir une réelle concertation avec les fédérations professionnelles ? C’est tout l’enjeu de sa nomination !

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