Tribunes

Les routiers ont droit aussi à une retraite décente

Par Jean-Louis Delarue, ancien routier et lignard du Moyen-Orient

Tout d’abord, il faut rappeler que beaucoup de conducteurs, font une erreur, en ne lisant que le résultat en bas à droite, du montant qui leur sera viré sur leur compte en banque en fin de mois. Le montant de la retraite est toujours calculé hors frais de route, et trop souvent cette confusion devient évidente lors du calcul fait par les organismes gérant les retraites. Et trop souvent, le montant mais fin à des espérances monétaires. Adieux rêves et bonjour les calculs de fin de mois. Ce qui fait que nombre de routiers continuent après les mises en place de la retraite, de rouler jusqu’à souvent 70 ans, voire plus longtemps. Je crois me souvenir d’un conducteur, qui roulait toujours en approchant les quatre-vingt printemps.

Les solutions pour acquérir une retraite décente seraient donc, en regard avec les propositions du gouvernement, de travailler plus longtemps, pour avoir une retraite plus confortable, mais aussi pour vivre moins longtemps pendant cette retraite.

Je suis choqué je le reconnais, mais j’ai toujours dit ce que je pensais, car le métier de conducteur routier, est, n’en déplaise à beaucoup de détracteur, qui ne voit dans ce métier (non reconnu) que le gène engendré par les camions, un métier plus que difficile. Combien de transporteurs demandent aussi à leur personnel roulant de pratiquer les déchargements et les chargements et cela en contradiction avec les textes. Et combien de conducteurs s’exécutent et déchargent leurs camions et cela toujours contrairement aux textes, le chronotachygraphe en position repos. J’en parle en connaissance de cause, car dans mon dernier emploi, je chargeais ou déchargeais ma semi, en position « coupure » mais je travaillais pour un transporteur « honnête ». Je transmettais mes heures d’arrivée et de départ en sms et j’étais payé rubis sur l’ongle, le transporteur n’était pas français.

Alors à la fin des trimestres obligatoires pour la retraite, souvent les femmes et les hommes sont usés, par ces travaux qui souvent ne sont pas rémunérés.

La solution, si c’était possible, serait d’incorporer les frais de route en tant que salaire, mais j’entends d’ici les cris des transporteurs, qui trop souvent enlèvent les repas du midi ou du soir pour des raisons de dépassement de quelques minutes dans les horaires.

Une autre solution serait de reconnaitre cette soi-disant profession comme une vrai profession, avec un vrai permis de conduire non rattaché au permis de Madame et Monsieur tout le monde, qui en règle générale ne roule que 20 à 25 000 kilomètres alors qu’une conductrice ou conducteur lui roule quelques 17 000 kilomètres par mois et naturellement multiplié par 11 soit 187 000 kilomètres par an.

De plus en ce qui concerne le coût du permis de conduite de super lourd, cela avoisine les 15 000 € réel. Mais quand le conducteur routier redevient madame ou monsieur tout le monde, lorsqu’elle ou il fait une erreur de conduite et que des points lui sont retirés c’est sur le permis de conduire général qu’ils sont ôtés, un conducteur de train où de métro ne risque pas la même punition.

Mais revenons au problème des retraites. Certains fonctionnaires sont généreusement payés lors de leurs départs à la retraite, grâce surtout aux travailleuses et travailleurs du secteur privés, alors il est vrai que je suis vers une vraie répartition, qui verrait des fonctionnaires partir à la retraite avec un maximum en regard d’avec ce qu’ils ont fait dans leur vie de travail. Il y aurait sûrement quelques surprises, car dans un domaine qui vient de faire jour, la découverte fait froid dans dos. Nous français, nous payons des retraites à des milliers de personnes qui sont mortes depuis bien des années. Les fonctionnaires trop zélés de leurs prérogatives n’ont pas le temps de s’occuper de ces problèmes.

Pourtant cela règlerait bien des cas de retraites de travailleurs qui œuvrent dans la pénibilité, en silence et qui finissent leurs vies dans une pauvreté qui n’est pas illusoire, comme celle des personnels roulant du transport routier.

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