Tribunes

Une formation obligatoire pour la conduite des VUL ne peut être suffisante

Par Marc Bougaut, enseignant Transport et formateur FIMO-FCO

L’article de TRM 24 Vers une formation obligatoire des conducteurs VUL révèle, à l’occasion de la remise du rapport parlementaire de Damien Pichereau, la montée en puissance des gros VUL, ceux de 2t5 à 3t5. Ce qui signifierait que l’explosion des VUL ne serait pas seulement la conséquence du développement de l’e-commerce. 43 % serait des gros Véhicules Utilitaires Léger. Ce qui tendrait à démontrer que ce secteur du transport se développe pour s’affranchir des réglementations encadrant la conduite des poids lourds. Le meilleur exemple est le choix délibéré de la surcharge pour s’exonérer du chrono numérique et de la réglementation sociale européenne. « D’un autre côté l’expéditeur et donc de facto le destinataire sont heureux et ferment les yeux puisque le coût du transport est bien moins coûteux que celui réalisé par un véhicule Poids Lourd et en plus la livraison est rapide » reconnait un professionnel du transport express.

C’est pourquoi, l’instauration d’une formation obligatoire pour la conduite des VUL ne peut être suffisante. L’exemple de la FIMO et de la FCO pour la conduite des poids lourds l’a largement démontré. C’est la convergence de la réglementation, des contrôles et de la formation des conducteurs qui est efficace pour réguler le transport. Le conducteur bien formé contribue au respect de la réglementation. Ce n’est pas simplement par les connaissances acquises et sa prise de conscience des dangers et des risques qu’à l’issue des formations obligatoires, il est respectueux et prudent. C’est aussi par crainte de la sanction.
La formation en VUL sans une réglementation qui encadre l’activité moins de 3t5 serait totalement insuffisante. Professionnaliser la conduite des VUL est une excellente idée si elle s’inscrit dans une réflexion d’ensemble. Responsabiliser les acteurs sans mettre un coup d’arrêt à l’anarchie de la concurrence déloyale serait vain.

Quant aux passerelles de formation entre les moins et plus de 3t5, le conducteur professionnel que j’ai été et le formateur transport que je suis savent que la conduite d’un VUL et celle d’un PL sont quelque peu différentes. Au volant d’un poids lourd, bon nombre de professionnels du véhicule léger auront d’abord à se désaccoutumer d’une conduite frénétique. Et ce n’est pas simple de faire perdre des habitudes de conduite acquises durant de nombreuses années de courses, sans limite, contre le temps.

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