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Volta Trucks a dévoilé à TRM24 sa feuille de route

Volta Trucks déroule son programme. A l’occasion de la production à Coventry (Angleterre) des 25 unités prototypes de son porteur à batteries, la marque a fait un point d’étape avec la presse française. TRM24 y a participé.

La fabrication des 25 prototypes de validation (dits Design Verification) a commencé dans les halls de Volta Trucks à Coventry (Angleterre). C’est la dernière étape avant le début de production à Steyr (Autriche) attendu à la fin de l’été 2022 avec les 100 premières unités de pré-série. Richard Mathiau, responsable Marketing et Communication, et Carla Detrieux, directrice du développement commercial de Volta Trucks, pour la France ont échangé avec la presse spécialisé française. Que peut-on en retenir ?

D’une part, que Volta Trucks vise clairement les marchés urbains, Carla Detrieux avouant cibler « les ZFE-m les plus agressives ». Donc Paris figure en tête de liste, tout comme Londres pour le Royaume-Uni. Ceci explique également le choix de porteurs en silhouettes 4×2 dans des PTAC de 16t puis de 18t (ce dernier PTAC étant attendu pour des livraisons fin 2023). Issus d’un développement commun, ces deux modèles diffèreront par leur charge utile, leurs choix d’empattements et le nombre de packs de batteries. Sont ensuite attendus, fin 2024, les variantes 7.5t et 12 t de PTAC. Ici les différences seront plus marquées puisque la cabine sera plus étroite.

Pour le premier modèle de Volta Trucks, le 16 t porteur 4×2 dont les livraisons client sont attendues pour le premier trimestre 2023, la marque commercialise deux variantes : une à 2 packs de 75kWh et une à 3 packs de 75kWh. Proterra avance 4 000 cycles de charge à 80% de l’autonomie nominale. Des batteries nickel manganèse cobalt à électrolyte et refroidissement liquide fournies par le spécialiste américain Proterra, bien connu outre-Atlantique. Volta Trucks explique la rapidité de ses développements par le recours à des composants connus : le pont moteur est un Meritor 14Xe avec un moteur électrique unique placé en nez de pont développant au choix 150 , 180 ou 200kW en puissance continue. Il est associé à une transmission à 2 ou 3 rapports. Pour l’essieu avant, à roues indépendantes, Volta Trucks n’a pas voulu le citer, mais on parie sur ZF ou Brist Axles des équipementiers qui maîtrisent ce type de liaisons au sol.

La production en cours, à raison de 2 camions par semaine, des 25 machines dites Design Vérifications permettra d’effectuer les dernières validations techniques avant le début de production à la fin de l’été 2022 dans l’usine Steyr Automotive (Autriche). Elle produisit, entre 1989 et 2021, des camions spéciaux et la gamme TGL pour le compte de MAN Trucks & Bus après avoir été le fief de Steyr-Daimler-Puch. Anecdote amusante : c’est de cette usine que sont sortis les premiers MAN eTGM à batteries testé en clientèle depuis près de 2 ans.

Deux métiers en ligne de mire

En terme d’architecture, Volta Trucks reste concentré sur les porteurs de distribution urbaine, en fourgons pour messagerie ou fret palettisé et en caisse sous température dirigée. Les longerons sont entièrement dégagés, ce qui facilite le carrossage. Les batteries sont implantées verticalement derrière la cabine avant, toujours surbaissée. L’aménagement intérieur a, selon Carla Detrieux, évolué : il conserve la disposition centrale du poste de conduite en 1+2 avec deux places passagers. Mais la garde au sol à l’avant a été rehaussée, les habillages sont devenus plus sombres (moins salissants), l’afficheur de la caméra de rétrovision arrière est placé plus bas, des espaces de rangements ont été ajoutés. Face aux enjeux de chauffage et de climatisation d’une cabine aussi largement vitrée, on peut être surpris de constater que la marque n’a pas envisagé de sièges, volant et pare-brise chauffant ce qui épargnerait de précieux kilowatts en hiver. Volta Trucks se reposera largement (pour les modèles sous température dirigée), sur les points d’assistance et de service de Petit Forestier et Carrier. Ce dernier fournit ses groupes froid électriques Carrier Iceland 11 et 11MT pour le multi-température. Pour le fourgon, la marque a retenu Paneltech. Le carrossier-constructeur Lecapitaine est évidemment très impliqué et réalise une caisse spécifique pour Volta Trucks devant s’intégrer au style du véhicule. Les performances du coefficient k sont très importantes pour préserver l’autonomie en exploitation. Une caisse isotherme Lecapitaine était d’ailleurs visible sur un des châssis DV07. Pour les marchés hors-France, Lecapitaine fournira les collections qui seront assemblées à l’usine de Steyr. Toutefois, deux sites dédiés aux livraisons et à l’après-vente Volta Trucks seraient prévus en Ile-de-France, l’un serait déjà en cours d’acquisition dans le sud de la banlieue parisienne.

Les prochaines métropoles visées par Volta Trucks sont Madrid, la région urbaine de la Ruhr autour de Düsseldorf, Milan, entre autres. La firme espère atteindre son objectif de 5 000 véhicules produits à la fin de 2023 avant de se développer aux Etats-Unis. Le modèle commercial reste basé sur le leasing, pour des durées de 6 à 10 ans. Le retrofit n’est pas prévu à ce stade. Mais Volta Trucks propose toutefois une étude préalable systématique de chaque client afin de s’assurer de la compatibilité électrique ou à l’exploitation des véhicules et des infrastructures de recharge. Le mode privilégié étant la charge nocturne sous 22kW en courant alternatif via la prise CCS Combo 2 utilisant le chargeur embarqué. Il est possible de procéder à des charges rapides en courant continu sous 150kW.

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