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Y-a-t-il un risque d’un mouvement généralisé patron-salariés dans le transport Routier ?

Le divorce entre le secrétaire d’Etat aux transports et les organisations patronales du transport routier est consommé. Jean-Baptiste Djebbari qui a reçu mercredi soir les fédérations admet lui-même « qu’aucun accord n’a été trouvé sur les modalités de répercussion » de la baisse de 2 centimes de remboursement de la TICPE. Les organisations ont prévenu : elles vont se retourner vers les parlementaires mais, en cas d’échec, un mouvement est possible. Les syndicats eux aussi ne décolèrent pas malgré l’engagement par écrit du maintien de financement sur 3 ans du CFA. D’autres sujets épineux n’ont pas été résolus. Ils s’impatientent. Ils tiendront une conférence de presse vendredi prochain et n’excluent pas l’annonce d’actions.

Comme nous vous l’indiquions hier, les fédérations du transport routier, toutes réunies (FNTR, TLF, OTRE) ne s’estiment pas écouter et décident de se tourner vers les parlementaires en dernier recours. Après elles n’excluent pas des actions. Elles semblent donc jouer leur dernière carte. « Le gouvernement demeure sourd aux attentes du secteur » lancent les fédérations qui vont donc échanger avec les parlementaires « avec, pour date butoir, le vote du Projet de loi de finances en première lecture le 19 novembre prochain. » « En cas d’échec, elles décideront avec leurs représentations régionales des modalités d’expression de la colère de la profession » indiquent-elles.

Des mesures en faveur du TRM proposées par Djebbari

Malgré le désaccord sur les modalités de répercussion » de la baisse de 2 centimes de remboursement de la TICPE, le secrétaire d’Etat a rappelé que des points de convergence ont été trouvés. Il a confirmé qu’une mission conjointe avec le ministère de l’action et des comptes publics allait être rapidement mandatée pour examiner les modalités d’une réduction de la durée d’avance de trésorerie faite par les transporteurs lors du paiement à la pompe du gazole professionnel, en lien notamment avec la mise en place d’une carte de paiement spécifique pour les camions les plus propres.

Djebbari a annoncé par ailleurs une série de dispositions « en vue de lever les freins au recrutement et à l’activité du secteur ». Le secrétaire d’Etat a notamment confirmé, « en réponse aux inquiétudes », le maintien de la taxe affectée à l’AFT pour financer l’effort de formation, l’assouplissement de l’âge d’entrée dans la profession, pour s’aligner sur les seuils européens, et l’engagement de l’Etat à accompagner les partenaires sociaux dans une réforme du congé de fin d’activité (CFA) des routiers.

Sur les modalités de répercussion de cette contribution, « en dépit des échanges approfondis entre les services du ministère et les fédérations professionnelles au cours des dernières semaines, « aucune des solutions alternatives au mécanisme de répercussion proposé par l’Etat ne présentait de garanties de sécurité juridique suffisantes. » Jean-Baptiste Djebbari a néanmoins salué l’esprit de responsabilité du secteur, qui s’est attaché à formuler des propositions. Il a mis en avant qu’un amendement au PLF 2020 introduira une obligation de transparence dans les factures, qui devront ainsi faire apparaître le montant de la hausse de la TICPE affectée au financement des infrastructures de transport, en vue de permettre leur répercussion dans la relation commerciale entre les transporteurs et leurs clients. Le gouvernement prend en outre l’engagement qu’il n’y aura pas d’autre hausse du gazole professionnel d’ici 2022.

Plus globalement Jean-Baptiste Djebbari a conclu cette rencontre retenant la proposition des fédérations d’élaborer un contrat de transition énergétique, pour la filière du transport routier de marchandises afin de définir des engagements réciproques de l’Etat et de la profession tant en terme de développement des pratiques de développement économique durable que d’engagement en terme de non augmentation de la fiscalité propre au secteur d’ici 2022.

Les syndicats mécontents aussi

Les organisations syndicales (FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC), à l’exception de la CGT, souhaitent elles aussi exprimer leur colère. A l’exception de la CGT, tous les syndicats ont décidé de tenir une conférence de presse dans une semaine, le 25 octobre. Vont-elles annoncer un mouvement ? Réponse dans une semaine.

« Les revalorisations de salaires ne sont pas à la hauteur, voire inexistantes, pour palier aun manque d’attractivité de nos métiers » ont tenu à déclarer les syndicats dans un communiqué commun. Ils se disent cependant satisfaits de l’engagement écrit du secrétaire d’Etat aux transports du maintien du financement du CFA au moins jusqu’au 31 décembre 2020. Avec une interrogation pour après. Ils rappellent que « l’Etat accompagnera les partenaires sociaux dans les négociations sur l’évolution du CFA et la mise en place d’un dispositif de gestion des fins de carrière. »

Enfin, la CFDT, FO et la CFTC ont décidé de ne plus siéger à aucune CMP (Commission Mixte Paritaire) « sans la mise en place effective des moyens liés au fonctionnement du dialogue social prévu par l’accord CPPNI du 13 décembre 2018 » annoncent-elles.

Quel risque d’un double mouvement, d’un côté les patrons, de l’autre les salariés ? Les représentants des entreprises de transports et ceux des salariés vont devoir consulter leur base. Mais reste à savoir si les patrons déjà confrontés à la pénurie de main d’œuvre pourront se « payer » une grève, un arrêt de travail de ses camions qui ont déjà du mal à rouler, faute de conducteurs.

4 Responses

  1. Ras le bol d être juste un numéro. L ensemble des salariés du transport
    Demande une vraie augmentation du salaire de base et une reconnaissance de leur travail du préparateur aux agents de bureau. Le minimun serait 11 euros de l heure pour un agent de quai ainsi que pour les chauffeurs
    Avec une augmentation selon le grade et l ancienneté et de revoir notre convention collective qui est devenue obsolète.

  2. la pression ..sur les chauffeurs toujours plus vite pour un taux horaire nul ..voilà pourquoi il n y a plus de jeunes pour se métier ….sur quand je vois tous sais syndic a faire du bla bla bla les grattes papiers qui ne connaissent rien du transport ….bref ..qu ils viennent sur le terrain avec nous 1 semaine …
    ** déjà supprimer les polonais en 3t5 qui fond du mal .
    **interdiction de faire la coupure de 45h dans le camion .
    <>

    1. Bs je suis un chauffeur routier depuis 1975 g écrit à notre cher président !!!! pour qu’il passe une demie journée à bord de mon véhicule réponse de son cabinet. Désolé mais il comprend notre situation mais pas le temps.

  3. Monsieur Djebbari a annoncé des dispositions en vue de lever le frein au recrutement,en temps que ancien de la profession j’ai des craintes ,peut être qu’un jour il ne faudra plus le permis PL pour conduire.

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