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Le projet de l’UE pour concurrencer la Route de la Soie de la Chine

« Nous devons nous montrer plus intelligents ». Les mots de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sont clairs. Elle présentait en décembre dernier le projet européen pour concurrencer la Route de la Soie lancée par la Chine en 2013. Baptisé Global Gateway (Portail mondial), il sera doté d’un budget de 300 milliards d’euros dans des projets d’infrastructures tant matérielles qu’immatérielles à travers le monde.

Pékin avait lancé en 2013 sa stratégie mondiale d’investissement des « Nouvelles routes de la soie », projet phare du président Xi Jinping. Officiellement appelé « la Ceinture et la Route », il vise à développer les infrastructures terrestres et maritimes pour mieux relier la Chine à l’Asie, l’Europe et l’Afrique. La Chine y a déjà engagé près de 140 milliards de dollars (124 milliards d’euros) d’investissements, selon ses données officielles.

Les Occidentaux y voient un outil d’influence de la Chine sur les pays pauvres. Ils reprochent à Pékin d’inciter les pays émergents au surendettement, critiquent des appels d’offres non transparents, soupçonnent des pratiques de corruption et dénoncent le non-respect des droits humains, sociaux et environnementaux.

La stratégie européenne présentée mercredi s’articule avec un plan des pays du G7 pour offrir aux pays en développement une alternative aux Nouvelles routes de la soie, présenté en juin lors du sommet des sept puissances industrielles en Cornouailles (Royaume-Uni).

Le modèle européen consiste à investir dans des infrastructures tant matérielles qu’immatérielles, dans des investissements durables dans les domaines du numérique, du climat et de l’énergie, des transports, de la santé, de l’éducation et de la recherche, ainsi que dans un environnement propice garantissant des conditions de concurrence équitables. « Nous soutiendrons les investissements intelligents dans des infrastructures de qualité, qui respectent les normes sociales et environnementales les plus élevées, conformément aux valeurs démocratiques de l’UE et aux règles et normes internationales. La stratégie «Global Gateway» offre un modèle de la manière dont l’Europe peut établir des liens plus résilients avec le monde » a déclaré la présidente.

Parcourir le projet GLOBAL GATEWAY de l’UE

Le projet européen rassemblera des ressources de l’Union européenne, des 27 États membres, des institutions financières européennes et des institutions nationales de développement, ainsi que des investissements du secteur privé. « Les investissements dans le numérique, la santé, le climat, les secteurs de l’énergie et des transports, ainsi que l’éducation et la recherche, seront une priorité », souligne le document.

« Nous sommes très bons pour financer des routes. Mais cela n’a pas de sens que l’Europe construise une route parfaite entre une mine de cuivre sous propriété chinoise et un port également sous propriété chinoise. Nous devons nous montrer plus intelligents pour ces types d’investissements », avait déclaré Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union, le 15 septembre dernier.

Hervé Rébillon
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