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Métiers en forte tension : le CESE publie 20 préconisations

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté mercredi dernier un avis sur les métiers en tension. Conducteur routier en fait partie. La première préconisation est de «négocier des avantages mutualisés» au sein des branches professionnelles. Les organisations syndicales ont vivement réagi.

Les tensions de recrutement se sont accentuées avec la forte reprise de l’activité. Plusieurs métiers sont particulièrement touchés : conducteurs routiers, aides à domicile et aides ménagères, cadres en informatique. Il manque en France 312 000 professionnels de la route. Selon la Dares et Pôle emploi, en 2019, six métiers sur dix étaient en forte tension, alors que seul un sur quatre l’était en 2015. Plusieurs causes ont été retenues comme l’attractivité de l’emploi, la question des salaires et des conditions de travail, mais aussi la représentation des professions, l’efficacité du système d’orientation, de formation et de certification.

Le CESE formule dans son avis 20 préconisations, dont la première consiste à «négocier et mutualiser, au niveau des branches, des avantages en faveur du pouvoir d’achat des salariés, tels que les chèques déjeuners, les chèques mobilité, les chèques logement et les chèques garde d’enfants». Il «propose que ces avantages collectifs bénéficient d’une exonération fiscale et sociale, sous réserve que la rémunération conventionnelle soit au moins égale au Smic».

Cette recommandation a suscité un «dissensus» d’une partie des groupes membres du Cese, notamment les groupes CGT, CFE-CGC et CFTC, qui auraient préféré que l’avis enjoigne aux pouvoirs publics, «en cas d’échec des négociations salariales de branche (…), de procéder sans attendre à l’indexation sur le Smic» des minimas de branche.

Voici quelques-unes des 20 préconisations du CESE :

  • Négocier des avantages mutualisés (chèques déjeuner, chèques mobilité, chèques logement…) au sein des branches professionnelles pour renforcer l’attractivité des métiers. Le CESE propose que ces avantages collectifs bénéficient d’une exonération fiscale et sociale, sous réserve que la rémunération conventionnelle soit au moins égale au Smic.
  • Agir sur les viviers de recrutement, en favorisant le recrutement des jeunes sur les filières en tension et des femmes dans les filières où les statistiques genrées sont déséquilibrées.
  • Créer des groupements d’employeurs pour soutenir l’activité économique de certains secteurs, qui peuvent représenter une solution concrète aux tensions de recrutement pour les petites structures qui ne bénéficient pas de moyens financiers importants ou services de ressources humaines.
  • Mieux planifier les besoins de recrutement pour les anticiper, en lien avec la transition écologique, la transformation numérique et les évolutions démographiques. Le CESE appelle à un “Etat stratège” capable de renforcer la prospective des métiers et qualifications, d’identifier les besoins des secteurs dont les difficultés de recrutement sont insuffisamment documentées.

Lire dans son intégralité l’avis du CESE

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