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Le ton monte chez les routiers : FO Transport somme Borne de répondre

C’est un signal fort que vient d’envoyer l’un des syndicats de routiers, FO Transport, à Elisabeth Borne, la ministre chargée des transports. Dans un communiqué, l’organisation syndicale appelle ses adhérents à manifester mardi prochain aux côtés des fonctionnaires et de cheminots. La même qui avait appelé les conducteurs routiers à soutenir la grève des cheminots le 10 avril dernier ne décolère pas. Après de nombreuses demandes, FO Transports et la CFDT somment la ministre des transports d’apporter une réponse avant la fin de semaine concernant la non extension de l’accord du 4 octobre. Les frais de route et les accords concernant l’amplitude doivent être notamment intégrés dans le code des transports. A la veille de la mobilisation des fonctionnaires mardi, les syndicats n’excluent pas d’actions en cas de silence du boulevard Saint-Germain. Dernier coup de semonce avant un conflit ?

En vue de la mobilisation du 22 mai, la FNTL FO-UNCP soutient sans réserve les luttes des fonctionnaires et des cheminots. Outre sa présence dans le cortège parisien, le syndicat demande à ses troupes de se mobiliser sous la forme qu’elles souhaitent. On peut tout imaginer, à en croire Patrice Clos, son secrétaire général.

Une provocation. Rappelons que l’accord conclu le 4 octobre dernier avait permis d’éviter une grève des routiers. Ces derniers avaient cru recevoir une garantie du gouvernement que leur statut ne serait pas impacté par les ordonnances Macron. Les syndicats redoutaient que les primes et autres rémunérations annexes (13e mois, heures de nuit…), qui peuvent représenter 20 % des salaires des conducteurs routiers, soient remis en cause par la réforme qui décentralisait sur ces sujets la négociation au niveau de l’entreprise. C’est la douche froide. Huit mois se sont écoulés et aucune extension en vue. Pourtant, l’une des clauses (n°7) stipulait que la demande d’extension « sera traitée dans les meilleurs délais ». Les syndicats voient en la non application de l’accord une sorte de provocation qui pourrait coûter chère au gouvernement.

Pour calmer le jeu, de peur que les routiers rejoignent les cheminots suite à l’appel de FO Transport le 10 avril, le cabinet d’Elisabeth Borne avait promis que les termes de l’accord du 4 octobre dernier seraient intégrés au projet de la loi sur la mobilité qui devrait être débattu prochainement au Parlement. Et les frais de route qui n’avaient pas été abordées dans l’accord devraient être intégrés dans le code des transports. Mais pour FO Transports, rien ne bouge. C’est le silence radio.

Si Elisabeth Borne ne veut pas avoir deux conflits à gérer, celui des cheminots et celui des routiers, elle doit faire vite pour satisfaire les syndicats de routiers. La tâche n’est pas facile car elle ne peut pas décider seule en quelques jours de l’extension de l’accord du 4 octobre. Le ministère du travail doit prendre un arrêté. Les modifications des articles du code des transports sont quant à eux votés par l’assemblée. Va-t-elle recevoir les syndicats pour une nouvelle fois éteindre ce qui ressemble à un début d’incendie ? Réponse dans quelques heures.

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