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DAKAR 2022 : la participation controversée du camion hydrogène de Gaussin

Le français Gaussin a voulu créer l’événement en lançant sur l’édition 2022 du Dakar le premier camion hydrogène. Mais sa participation est déjà controversée et critiquée. Le véhicule qui se veut « propre, sans émissions polluantes » est sponsorisé par Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne. Au général, les Kamaz toujours en tête à la mi-course.

Baptisé H2 racing, le camion qui participe sans être dans la course (il a le numéro 000) est doté de deux moteurs électriques de 300 kW, d’une pile à combustible de 380kW et 82 kWh de batteries. Les réservoirs peuvent contenir jusqu’à 80 kg d’hydrogène. Le véhicule de course peut atteindre une vitesse de 140 km/h avec une recharge en 20 minutes pour 800 kilomètres d’autonomie. C’est Philippe Jacquot, dirigeant de Dépannage 70, basée à Frotey-lès-Lure (70), qui pilote ce premier camion de course 100 % hydrogène et qui compte déjà 7 Dakar à son actif.

« Pour l’avenir, Aramco s’efforce de localiser la fabrication de véhicules à hydrogène en Arabie saoudite ainsi que de développer des technologies de véhicules à hydrogène via son centre d’innovation avancé (LAB7) » a précisé a déclaré Ahmad A. Al-Saadi, vice-président senior des services techniques chez Aramco. « L’hydrogène a le potentiel de permettre la réduction des émissions dans le secteur des transports, en particulier dans les segments difficiles à décarboniser, comme les véhicules lourds » a-t-il ajouté.

Les hybrides n’ont pas dit leur dernier mot

Le partenariat s’inscrit dans le programme « Dakar Future » portée par Amaury Sport Organisation, l’organisateur du Dakar. La feuille de route établie vise à réunir uniquement des véhicules propulsés à faibles émissions dans les catégories autos et camions à l’horizon 2030. 5 véhicules à faibles émissions (les prototypes Audi et les camions Riwald et Hino) participent déjà au Dakar. C’est le cas également du camion diesel-électrique du team Riwald, présent au rallye-raid depuis 2020. Propriétaire du team et pilote du camion # 516 qui s’est hissé deux fois dans le Top 5 cette semaine, Gert Huzink assure que « le camion hybride est durable et fin prêt pour un top 10 ». Le Japonais Hino, également habitué du Dakar, utilise la même technologie, avec une puissance totale de 1 070 chevaux.

« Au cours de cette première semaine sur le parcours du Dakar 2022, nous avons pu mesurer les performances du H2 Racing Truck®. Notre camion, réalisé en 8 mois est bien né. Le couple dans les quatre roues est phénoménal, ce qui veut dire qu’à chaque accélération un temps précieux est gagné pour passer les dunes. Pour ce qui est de l’autonomie, nous avions prévu 250 km en profil de course difficile, nous sommes à 400 km ce qui nous rend très optimiste. Rendez-vous à Jeddah! Nous sommes convaincus de finir le Dakar » a déclaré Christophe Gaussin, PDG du groupe Gaussin. « L’acquisition de datas à chacune de ses sorties permettra de développer un modèle qui pourrait s’aligner dès l’an prochain en course », précise le Dakar.

Un Dakar vert ?

Kees Koolen, pilote du camion PROJECT2030 et président directeur général de Koolen Industries, espère pouvoir aligner dès l’an prochain, un camion 100% électrique baptisé Nicias. Il assure « le Dakar est le terrain d’essai ultime pour les technologies futures. » Une des légendes du Dakar, Gerard De Rooy, vainqueur 2012 et 2016 dans la catégorie camion, s’est associé à UMS (Urban Mibility Systems) et Allison Transmissions pour développer un camion uniquement alimenté par un moteur électrique. Il espère l’aligner en 2023, comme il l’a expliqué : « nous voulons concourir pour être dans le top 10. C’est un sacré challenge mais c’est la bonne direction pour la catégorie et le Dakar. Nous sommes convaincus que nous pouvons fabriquer un camion performant pour 2023. »

Au général, à moins d’une semaine de l’arrivée, les 3 Kamaz menés par Dnitry Sotnikov sont toujours en tête du classement général. Le premier français, Sylvain Besnard, au volant , n’est que 27e.

8 Responses

  1. lol, le camion tout électrique sera ravitaillé comment ? par un camion diesel qui fera tourner un générateur ? lol de lol … ou alors aramco va installer des points de recharge dans le désert ? lol de lol encore

    1. Peut-être qu’un jour on arrivera à transformer l’énergie solaire en électricité. Quelqu’un inventera certainement les panneaux solaires…

  2. *François Delon, à la lecture de votre commentaire il vous semble donc tout à fait normal et logique de trouver des stations essence au milieu du désert…ou que des camions au diesel viennent faire le plein des camions, 4×4, buggys, motos, hélicoptères…

    Les Rallyes raid nécessite une organisation particulière de que se soit pour du thermique ou de l’électricité ou encore de l’hydrogène.

    D’ailleurs, les stations essence sont elles-mêmes alimentées par des camions citernes qui transporte…du carburant, pour nos voitures.
    Le carburant n’apparaît pas par magie dans les stations 😉.

    C’est juste que vous n’aviez pas réfléchi à la question jusqu’à ce que de l’électrique ou de l’hydrogène apparaissent sur le Dakar.😀

  3. Bien dommage que les poids lourds ne font pas la une du Dakar car au niveau de la technologie c est sûrement autre chose que les deux roues et les vl que l on voit toute l année reportage plus que médiocre

  4. Le tout électrique pour un camion va nécessiter des batteries de plusieurs tonnes et des heures de recharge pendant lesquelles il ne roulera pas, ce qui fera une perte de rentabilité énorme.
    L’être humain ne peut pas s’empêcher que voir les choses à 180° (blanc ou noir). Non il faut qu’il soit hybride comme ce camion du Dakar avec un moteur thermique à l’hydrogène qui ne pollue pas. C’est bien pensé, c’est l’avenir, et pas le tout électrique.
    Pourquoi les voitures hybrides rechargeables aujourd’hui ne sont-elles pas d’ailleurs équipées d’un moteur double carburation éthanol-essence ?
    Solution si vous voulez rouler propre et pas cher : acheter une hybride rechargeable d’occasion à 80 km d’autonomie en électrique et qui n’a plus la garantie constructeur pour monter immédiatement un boîtier éthanol.

  5. Slt la compagnie,
    Merci de bien lire.
    Moteurs électriques différents de moteur thermique.
    Ce n’est donc pas un mci qui brûle du h2, mais bien un véhicule électrique avec une pile a combustible pour augmenter l’autonomie.
    Bon, 80kg pour 250km estimés, puis 400 au réel, soit 20kg pour 100km.
    Y a encore du chemin avant de les voir sur la route de tt les jours.
    Mais c’est une belle avancée technologique.
    Vivement la suite.
    Cdlt

  6. Je n’ai pas bien compris en quoi une entreprise qui essaie de développer une technologie moins polluante serait critiquée. L’article ne détaille pas ce point alors que cela en est le titre. Au vu des commentaires, les gens ne lisent pas l’article avant de répondre. La motorisation du camion est à propulsion électrique mais derrière le carburant c’est l’hydrogène. Donc pas de batterie mais une réserve d’hydrogène. C’est la pile à combustible qui se charge de transformer cela en électricité. Par contre, j’aimerais bien comprendre d’où vient cet hydrogène. Désalainisation d’eau de mer? Captage d’eau potable? Car dans un pays désertique, il faut bien trouver de l’eau pour générer de l’hydrogène.

  7. Le problème n’est pas la production de l’électricité, la fusion nucléaire apportera a moyen terme la solution. Non, le problème c’est la pollution qu’engendre la fabrication des batteries avec les métaux rares. Et là, c’est catastrophique tant au niveau humain que écologie…!!

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