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Etude OVI-2020 : la filière a montré ses capacités de réaction

Hier lors d’une visioconférence, l’Observatoire du Véhicule Industriel (OVI) a dévoilé les résultats 2020 et les perspectives 2021 des marchés du Véhicule Industriel et du Transport Routier de Marchandises. A -25%, le résultat affiché pour l’année écoulée constitue un recul finalement bien contenu grâce aux capacités de réaction de la filière. 2021 pourrait profiter de rebonds importants.

L’année écoulée déjà prévue initialement en retrait car le marché avait atteint un haut de cycle même si la baisse a été amplifiée par le COVID.  « La situation de crise mondiale que nous vivons, son ampleur, ses causes, ses effets devraient définitivement nous dissuader de faire des prévisions. L’irruption de la pandémie en 2020 a balayé en trois mois toutes les estimations, faisant plonger le marché de près de 25% » a indiqué Jean-Michel Mercier, directeur de l’Observatoire du Véhicule Industriel.

Concernant l’emploi, seuls 3% des conducteurs sont en chômage partiel « montrant une volonté de la profession de conserver ses capacités de services » fait remarquer l’OVI. Bien que les chefs d’entreprise n’envisagent pas de licenciements, il n’y aura que très peu de recrutements dans les mois à venir.

Le marché français marqué une baisse de plus grande ampleur qu’anticipée

En France, le recul des immatriculations sur les douze derniers mois est de 24,6%, baisse attendue compte-tenu de l’effet cumulatif d’un niveau très élevé des enregistrements ces dernières années et de la crise économique liée à la pandémie. Le total des immatriculations s’élève à 41 632 unités sur douze mois glissants à fin novembre, ce qui le situe au niveau des immatriculations enregistrées en 2015, mais en dessous de la moyenne des vingt dernières années, à 48 000 immatriculations annuelles. Les tracteurs ont beaucoup plus souffert du repli des immatriculations avec une baisse de 33% à 18 626 unités. La baisse s’est surtout ressentie au premier semestre, avec un recul de 48%, le premier confinement de mars à mai ayant stoppé la plupart des activités logistiques en France. Les cinq mois suivants ont matérialisé un redressement grâce à la reprise des livraisons. Les porteurs ne reculent que de -14,6% sur les onze derniers mois avec 19 094 immatriculations ce qui constitue dans le contexte une bonne performance. C’est aussi la première fois depuis 2009 que le nombre de porteurs immatriculés est supérieur à celui des tracteurs, ces derniers étant beaucoup plus sensibles aux variations de l’économie.

Le marché de la carrosserie résiste bien

Après des années 2018 et 2019 records, le recul des immatriculations de VI carrossés était attendu et se situe à 15,9% à fin novembre. Les plus de 19 000 unités produites en font pour l’instant un des meilleurs scores de la décennie écoulée, révélant deux points clefs :

  • Le niveau élevé des stocks de commandes fin 2019/début 2020, et la résilience des carrossiers constructeurs qui ont réussi à finaliser les livraisons et à en reprendre de nouvelles dès la fin du printemps.
  • Au niveau des types de carrosseries, ceux qui ont le plus souffert sont les fourgons, avec un recul de 29,1%. Ce résultat ne s’était plus vu depuis 2010, la pire année enregistrée dans nos bases. Les mois d’avril et d’août ont été particulièrement difficiles avec moins de 100 immatriculations.

Les frigorifiques, en baisse de 22,6%, sont également sur un niveau d’immatriculations proche de celui des années 2009-2010 mais après un haut de cycle lors des exercices précédents. Les bennes et BTP s’en sortent beaucoup mieux, avec un recul limité de 10,1% et avec 7 721 unités, le BTP ayant maintenu un niveau d’activité correct tout au long de la pandémie. Il s’agira de la troisième meilleure année depuis la crise de 2008, dans ce domaine.

Les craintes les plus fortes tiennent aux capacités d’investissement futures voire également à la tenue des trésoreries à venir qui seront fortement impactées. On peut en effet craindre que les entreprises soient en difficulté pour maintenir ou envisager des projets d’investissement en 2021, notamment lorsque les mesures de soutien se réduiront et qu’il faudra assumer les charges liées aux PGE. Mais là encore, rien de certains.

Une prévision de 42 000 VI en 2021

« Il est clair que 2021 recèle des possibilités de rebonds importantes, en ligne avec le consensus sur la croissance du PIB, mais des enjeux structurels se présentent aussi dorénavant avec, de surcroit, la nécessité de mettre en place une transition plus rapide vers une mobilité plus verte. Nous anticipons une « croissance » du marché des véhicules industriels en 2021 de +1% (42 000), avec notamment une reprise du marché des tracteurs et un potentiel de reprise plus important, totalement dépendant de la maîtrise future de la situation sanitaire » a conclu Jean-Michel Mercier.

Lire dans son intégralité l’étude de l’OVI 2020-2021, cliquez ici

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